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Monténégro: l’opposition prorusse se convertit au gilet jaune

Monténégro: l’opposition prorusse se convertit au gilet jaune

AFP

Plusieurs centaines d’opposants prorusses du Monténégro ont revêtu dimanche des gilets jaunes, devenus le symbole de la fronde sociale en France, lors d’une manifestation contre des poursuites judiciaires lancées à l’encontre de deux de leurs leaders, ont constaté des correspondants de l’AFP.

«Nous voulons rendre ce pays meilleur comme en France où le pays est rendu meilleur par des actions qui empêchent des décisions politiques nuisibles. C’est pour cela que nous portons des gilets jaunes», a lancé à la foule Andrija Mandic, un des leaders du Front démocratique, une coalition de plusieurs partis prorusses.

Il faisait référence à la fronde sociale qui agite la France depuis plusieurs semaines, agrégeant des manifestants, issus majoritairement des classes populaires et moyennes, qui se disent excédés par la politique fiscale et sociale du président Emmanuel Macron jugée injuste. Ils sont tous vêtus de la veste jaune fluorescente que doit posséder chaque automobiliste.

Un député de l’opposition serbe avait déjà revêtu un gilet jaune au Parlement début décembre pour protester contre les prix de l’essence dans son pays.

Entre 1.000 et 2.000 personnes s’étaient réunies à Podgorica pour protester contre l’arrestation de Nebojsa Medojevic et le mandat d’arrêt délivré contre Milan Knezevic.

Début 2018, Nebojsa Medojevic avait accusé le procureur spécial pour le Monténégro, Milivoje Katnic, d’avoir reçu un pot-de-vin de 100.000 euros pour épargner la prison à un responsable politique, membre du parti au pouvoir, le DPS. La détention de Nebojsa Medojevic peut durer jusqu’à deux mois.

De son côté Milan Knezevic, est visé par un mandat d’arrêt pour refus de témoigner dans une autre affaire de corruption présumée.

Parallèlement, il est accusé, avec Andrija Mandic, d’être impliqué dans une tentative de coup d’État qu’auraient ourdi des prorusses à l’automne 2016. Ces derniers affirment que ces accusations sont un complot politique du pouvoir destiné à abattre l’opposition prorusse. Le verdict est attendu début 2019.