TECHNOLOGIE

Le féminin sort (enfin) du placard sur Google Translate

Le féminin sort (enfin) du placard sur Google Translate

(Photo prétexte) Reporters / Abaca

Difficile pour un robot d’afficher toute la richesse et la complexité des langues, notamment en matière de représentation du féminin face au masculin. Google tente d’y remédier.

La phrase «They are really late» peut se traduire de deux manières en français: «Ils sont très en retard» ou «Elles sont très en retard». C’est l’une des richesses du français face à l’anglais.

Jusqu’à présent, le moteur de traduction de Google, disponible sur le site Google Translate, avait tendance à être légèrement misogyne, en privilégiant systématiquement la version masculine de la traduction, reléguant le féminin au placard.

Certains cas étaient également plus subtils, par exemple lors de la traduction de mots comme «fort» ou «docteur», systématiquement mis au masculin, alors que «infirmière» ou «belle» n’affichait que la version féminine, oubliant donc «infirmier» ou «beau».

Google entend rétablir l’équilibre entre les sexes en prenant mieux en compte ce genre de détails dans les traductions qu’il propose.

Au moment d’écrire cet article, la fonctionnalité ne semble pas encore totalement déployée: un seul mot affiche bien deux traductions, mais les phrases entières sont encore largement au masculin.

Le féminin sort (enfin) du placard sur Google Translate
Le féminin n’est plus systématiquement oublié par le robot traducteur de Google. Google Translate

Ce choix entre le masculin et le féminin sera disponible pour une demi-douzaine de langues, notamment de l’anglais vers le français, l’espagnol, l’italien ou encore le portugais.

«Historiquement, Google Translate n’offrait qu’une seule traduction pour chaque demande, même si la traduction pouvait être aussi bien au masculin qu’au féminin», reconnaît Google dans un billet publié sur son blog. «Par conséquent, il reproduisait par inadvertance le sexisme ambiant», précise encore l’entreprise.

Google promet d’ajouter davantage de langues à sa plate-forme mais aussi de voir comment il serait possible de rendre sa saisie semi-automatique (qui propose de compléter la recherche pendant que l’on tape les mots) plus équitable.

L’entreprise compte dans un second temps s’attaquer au sujet du genre non-binaire.