FRANCE

Vidéo de lycéens interpellés: la gauche crie au scandale, le parti de Macron reconnaît des «images choquantes»

Des adolescents à genoux, les mains derrière la tête, entourés de policiers armés: ces images font le tour de la Toile et suscitent l’indignation, jusque dans les rangs du président français.

Un total de 146 personnes a été interpellé jeudi devant le lycée Saint-Exupéry de Mantes-la-Jolie après des incidents près du lycée où deux voitures avaient été incendiées et où des heurts avaient éclaté avec la police. Les mains entravées ou sur la tête, à genoux ou assis au sol, des dizaines de lycéens ont été rassemblés dans le jardin d’un pavillon et dans une maison associative par quelque 70 policiers mobilisés pour cette opération, a constaté une journaliste de l’AFP.

La gauche crie au scandale ce vendredi après la diffusion de ces images. «Quels que soient les faits reprochés, rien ne justifie cette humiliation de mineurs filmée et commentée», a réagi le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure dans un tweet, appelant les ministres de l’Intérieur Christophe Castaner et de l’Éducation Jean-Michel Blanquer à «réagir vite et bien».

«Le feu couve, ne l’attisez pas!», a-t-il prévenu, à la veille d’une nouvelle journée de manifestations à hauts risques des «gilets jaunes», et tandis que 280 lycées et collèges ont été perturbés jeudi dans toute la France.

Le député La France insoumise Eric Coquerel a également appelé Christophe Castaner à «condamner et punir les actes indignes de certains policiers présents à Mantes-la-Jolie».

«Glaçant, inadmissible»

«Que penser d’un pouvoir qui traite ainsi sa jeunesse? Qu’il ne tient que par la force des matraques. Qu’il n a plus d’avenir. Qu’il est à l’agonie», a commenté le député LFI François Ruffin, tandis qu’Alexis Corbière s’interrogeait: «Qu’est-ce qui peut justifier une telle mise en scène? Qui a donné les ordres aux forces de l’ordre de faire cela?».

Ian Brossat, tête de liste PCF pour les européennes, a dénoncé des «images inacceptables» et des «procédés» que «rien ne peut justifier».

«Glaçant, inadmissible», a résumé Benoît Hamon, fondateur du mouvement Générations. «Cela n’est pas la République. La jeunesse française humiliée. Mais que cherche le pouvoir sinon la colère en retour?»

«Ces images nous insultent. Rien ne justifie que l’on humilie ainsi nos enfants. Halte au feu, Monsieur le Président. Au nom de nos valeurs, de ce qui fonde ce que nous sommes, de notre République, au nom de ce dont vous êtes censé être le garant, halte au feu», a plaidé le secrétaire national d’Europe Ecologie-Les Verts David Cormand.

«Si effectivement il y a eu faute, nous serons les premiers à les condamner»

De son côté, Laurent Saint-Martin, vice-président LREM de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, juge aussi ces images «choquantes» et assure que «si effectivement il y a eu faute, nous serons les premiers à les condamner».

«Quand j’ai vu ces images hier soir, j’ai été, comme beaucoup de Français, d’abord choqué. Les images sont choquantes, on peut être indigné quand on voit ces images», a réagi le député LREM sur franceinfo.

«Il faudra savoir si effectivement il était nécessaire d’avoir recours à ce type d’interpellations et de dispositif», a ajouté M. Saint-Martin, précisant que «si effectivement il y a eu faute, nous serons les premiers à les condamner, il n’y a aucune difficulté là-dessus».

«Sur les 122 interpellations à midi, il y en avait une quarantaine qui étaient arrivés cagoulés, équipés pour détruire et pour incendier un bâtiment», a fait valoir le député en dénonçant une «vraie volonté de violence dans un contexte particulièrement tendu».

«Je fais confiance aux forces de l’ordre sans être naïf, on a les yeux ouverts sur les procédures. Pour ça, il y a l’IGPN, il y a le ministère de l’Intérieur, il y a le Défenseur des droits, nous sommes dans un État de droit», a ajouté M. Saint-Martin.