ÉDITIONS DE L’AVENIR

«Ils ont compris qu’il était temps d’arrêter de faire joujou avec nous»

«Ils ont compris qu’il était temps d’arrêter de faire joujou avec nous»

Selon les syndicats de «L’Avenir», actionnaires et dirigeants «ont visiblement compris qu’il était temps d’arrêter de faire joujou avec les Éditions de l’Avenir» © EdA - Jacques Duchateau

Oui à la signature d’une convention collective de travail... Le résultat du vote du personnel de «L’Avenir». Les syndicats s’en félicitent et parlent d’un tournant.

Peut-on signer une convention collective de travail (CCT) sur base de ce qui a été négocié?

C’était la question posée ce mercredi au personnel des Éditions de l’Avenir par ses délégué-e-s CNE et SETCa.

+ Le personnel valide le protocole d’accord

Verdict du vote à bulletin secret: 174 oui, 25 non, 7 abstentions et 1 nul.

«Nous sommes très contents, se réjouit Dominique Collin, au nom de la délégation. C’est le résultat d’un travail court dans le temps, très intense, qui a demandé beaucoup d’énergie et de créativité.»

Parmi les objectifs acquis présentés à l’assemblée (lire nos éditions du mercredi), la baisse du nombre d’équivalents temps plein initialement annoncé, la possibilité de départs volontaires, l’absence de départs contraints et des conditions «très bonnes». Ce qui, selon les syndicats, était loin d’être gagné d’avance...

«Quand on repense à l’état d’esprit qui prévalait autour de la table au départ, je pense que la direction a vraiment changé de cap », observe Dominique Collin.

«Ils savent enfin ce que sont les Éditions de l’Avenir»

Autre avancée liée au temps passé à négocier, une relation naissante avec les actionnaires.

« Les choses vont changer. Ils ont visiblement compris qu’il était temps d’arrêter de faire joujou avec les Éditions de l’Avenir. Et au niveau de la direction, CEO et directeur général ont, eux, aussi découvert ce qu’était vraiment l’entreprise. Ils se sont rendu compte de la détermination de son personnel, de son engagement, de sa volonté d’avancer, mais pas n’importe comment.»

Une «prise de conscience» qui, selon les syndicats, va permettre «d’aller de l’avant sur le plan économique et industriel». Première étape, la signature de la convention collective avec la direction, qui «permettra de matérialiser les départs potentiels». Elle devrait avoir lieu au plus tard à la mi-décembre.

«D’ici là, il va falloir évaluer le nombre d’équivalents temps plein disposés à quitter l’entreprise et en évaluer l’impact par rapport à l’accord, explique Dominique Collin. Dans un sens comme dans l’autre. Cela permettra de rediscuter avec la direction le cas échéant. Qui doit d’ailleurs encore nous apporter réponses sur une série de questions

Une fois le plan en route, les syndicats promettent de veiller au cap. «La direction ne nous a pas hors des pieds. Nous avons négocié un état des lieux trimestriels sur les projets et les formations en cours.»

Encore beaucoup d’inquiétude

En attendant, il va falloir rassurer les personnes à qui un départ sur RCC (régime de chômage avec complément d’entreprise, anciennement appelé «prépension») va être proposé. Beaucoup d’inquiétude à ce propos, ce mercredi, en assemblée; en cause, la rapidité avec laquelle elles vont devoir se prononcer (quelques jours). Qui plus est dans un cadre manquant de clarté quant aux dates précises de départ. Même situation pour les départs volontaires.

«Les 56 et plus vont automatiquement recevoir une proposition de simulation sur leurs conditions de départ, tempère Dominique Collin, qui se dit néanmoins consciente de la situation. Pour les départs volontaires, toute personne qui le demande également. Cela permet de prendre une décision sur une base concrète. Pour le reste, quitter une entreprise est toujours un choix de vie; la décision est toujours difficile.»

Volet organisationnel: toujours de grosses questions

Beaucoup de questions aussi sur l’avenir de l’entreprise et les conditions futures de travail. Mais pour l’heure, très peu de réponses sont apportées par la direction, spécialement sur le volet organisationnel, tant pour la rédaction que les services commerciaux ou supports.

«C’est vrai qu’on sent enfin une volonté de construire, observe à ce propos Manu Wilputte, président de la Société des rédacteurs. Mais la confiance doit encore s’établir. Jusqu’ici, notre actionnaire ne nous l’avait jamais accordée, donc nous ne pouvions lui accorder non plus. Tout reste à faire.»

 

Un grand merci à nos lecteurs :-)

Sans la mobilisation de tous, la négociation n’aurait pas pu aboutir, expliquent syndicats, association des journalistes (AJP) et société des rédacteurs (SDR) de L’Avenir. Qui, en ce sens, remercient les nombreux lecteurs qui ont témoigné leur attachement aux Éditions de l’Avenir et leur soutien au personnel.

«C’est par respect pour eux que cette bataille sur le format du journal (NDLR: le passage au berlinois est abandonné, au profit du demi-berlinois, proche de l’actuel) a été menée, explique également Manu Wilputte, président de la SDR. Mais sans eux, sans leur engagement, elle n’aurait jamais été remportée.»

Pour célébrer cette victoire, rendez-vous samedi. Nous publierons dans le journal et sur notre site vos derniers courriers relatifs à ce que vous inspire cet accord. Avec, en clin d’œil, les dernières caricatures que les dessinateurs de presse, qui nous soutiennent depuis le départ, nous ont envoyées.

Pour nous écrire: - La rédaction, 38, route de Hannut, 5004 Bouge - lavenir25etvous@gmail.com