Huy: Christine et sa belle-fille molestées lors des émeutes sur la Grand-Place

Huy: Christine et sa belle-fille molestées lors des émeutes sur la Grand-Place

Les deux dames souffrent d’hématomes. La belle-fille de Christine porte les coups de la matraque sur son bras. -

Dans la nuit de vendredi, Grand-Place, des bagarres ont nécessité l’intervention de 40 policiers. Des personnes impliquées dénoncent une intervention policière trop musclée.

Christine travaille au café L’Expression et est bien connue en cité mosane. Elle était derrière le comptoir le soir des émeutes sur la Grand-Place de Huy. Elle et sa belle-fille dénoncent la violence policière dont elles ont été victimes, ainsi que leur fils et compagnon, interpellé.

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«Nous nous trouvions devant le café. La soirée se passait super-bien, explique la belle-fille. On n’était même pas au courant de bagarres au Littéraire. Les policiers sont soudainement entrés dans le café pour imposer la fermeture. Ils n’ont pas voulu que je récupère mon sac avec mes clés de voiture. C’est donc mon compagnon qui a été le chercher pour moi. Et c’est là que ça s’est envenimé. J’ai soudain vu mon compagnon gazé, poussé hors du café, matraqué puis maintenu à terre par plusieurs policiers.»

Elle s’est alors agenouillée près de lui pour le rassurer. «Mais un policier m’a balayée avec des coups de matraque.» Puis c’est Christine, apprenant que son fils est interpellé, qui a accouru près de lui. «Elle aussi a été matraquée, gazée, projetée à terre. J’ai cru qu’elle ne se relèverait pas.» Si les deux femmes assurent respecter la police et son travail, elles parlent ici de débordement, d’une réponse disproportionnée de quelques agents. «Pour pourquoi mettre ainsi à terre une maman, une grand-mère, qui pèse à peine 50 kg et qui, légitimement, s’inquiétait pour son fils. Il suffisait de la prendre en charge, sur le côté, et de lui expliquer calmement.» L’interpellation de son compagnon, elle ne le comprend pas non plus. «Je ne veux pas qu’on salisse son image. Il n’a pas d’antécédent judiciaire. C’est un gars bien, un père de famille exemplaire. Ce n’était pas dans son intention de se rebeller. Il s’est débattu, c’est tout…»

Suite aux coups de matraques, les deux femmes souffrent de nombreuses contusions et sont encore en état de choc. «Je suis en incapacité de travail, indique la belle-fille. Je ne sais plus bouger mon bras qui n’est qu’un coup bleu.» Elles sont allées faire constater les coups à l’hôpital. «Et nous allons voir si nous en restons là…». Elles ont en tout cas reçu de nombreuses marques de soutien. «Tous les témoins de la scène étaient choqués. J’ai reçu plus de 150 messages, ce week-end, même de gens que je ne connais pas, qui sont prêts à témoigner.»

 

Des mesures à venir

 

Suite aux «émeutes» de ce week-end, le commissaire Jasselette compte s’entretenir avec le chef de corps de la zone et les autorités administratives. En vue d’imposer une fermeture administrative des cafés (ou de certains cafés), un couvre-feu, d’autres mesures préventives, voire des sanctions? «Ce n’est pas encore à l’ordre du jour mais la réflexion doit être lancée, indique le commissaire. Il y a longtemps que la Grand-Place n’a plus connu de débordement. Il faut voir si des mesures sont nécessaires. Mais on est aussi en période de marché de Noël, plus sensible. En décembre, la Grand-Place devient un lieu de grand rassemblement, parfois jusqu’à 500 personnes. Après la fermeture du marché de Noël, place Verte, les gens, parfois alcoolisés, migrent vers les cafés et la Grand-Place et c’est là que ça peut coincer.»

Des faits qui tombent mal alors que la Ville de Huy, la police, les organisateurs et les locataires des chalets viennent de signer une convention pour une gestion citoyenne des Plaisirs d’Hiver. Pour éviter justement, les excès et débordement…

 

«Pas une bonne pub pour la place»

 

Mika, serveur au café L’Expression, était lui aussi présent lors des faits. Il se dit lui aussi choqué par ce qu’il a vu. «Seuls quatre policiers, de Huy, ont exagéré. Tous les autres sont restés corrects. L’arrestation du fils de Christine a été musclée mais Christine elle-même a été molestée. Des coups à la tête, du gaz lacrymogène… Pourquoi s’acharner ainsi sur cette femme de 50 ans que tout le monde connaît. Ils n’avaient pas affaire à des casseurs. C’est, à mon sens, un dérapage et tout ça ne fait pas une bonne pub pour la place où il règne d’habitude une très belle ambiance.»