BRUXELLES

La manifestation des gilets jaunes dégénère: les casseurs s’invitent à Bruxelles

Si la manifestation des gilets jaunes a été annulée ce vendredi à Bruxelles au profit d’une date ultérieure, des rassemblements sont en cours dans la capitale.

La mobilisation des gilets jaunes se poursuit. Ce vendredi, une manifestation était prévue avant d’être annulée par l’un des initiateurs du projet. Toutefois environ deux à trois cents gilets jaunes ont été dénombrés dans les rues de la capitale vendredi midi.

Le bourgmestre de Bruxelles, Philippe Close, a d’ailleurs déclaré que toute personne continuant de manifester est susceptible d’être arrêtée. La manifestation est désormais formellement interdite.

À LIRE AUSSI | Gilets jaunes: «Les violences contre la police sont un scandale», selon Jan Jambon

Trône-Arts – Loi

Les manifestants sont principalement mobilisés aux abords de la zone neutre – Carrefour Quartier Arts-Loi rue Royale mais aussi du côté de la place Trône. De nombreux embarras de circulation sont à signaler dans le secteur.

La police a déployé des barrages autour de la zone neutre et des autopompes sont sur place. Sur les images disponibles sur les réseaux sociaux, on voit que les manifestants changent d’itinéraires au fur et à mesure des blocages policiers.

Sur place, on entend des pétards et des slogans. Vers midi, les manifestants ont filtré la circulation sous le regard de la police.

Les slogans scandés étaient principalement dirigés contre le gouvernement belge, demandant la démission du Premier ministre Charles Michel.

Après avoir bloqué une sortie du Tunnel Loi avec du matériel de construction, les gilets jaunes se sont déplacés ensuite vers le carrefour Arts-Loi, avant de se diriger vers le carrefour Madou, où des affrontements avec la police ont eu à nouveau lieu.

À 16h30, une vingtaine de personnes étaient toujours mobilisées au square Ambiorix. Un autre groupe est parvenu à monter vers le carrefour Botanique, à proximité du boulevard Pacheco.

Deux voitures de police en feu

Mais la tension est montée d’un cran et des affrontements ont émaillé la manifestation du côté de la place du Trône. Vers 13h30, la police a fait pour la première fois de la journée usage des canons à eau pour repousser les manifestants. Ils bloquent la circulation sur la petite ceinture de la capitale.

Après que la police a lancé des jets d’eau sur les manifestants «gilets jaunes» à hauteur de la rue Belliard sur la petite ceinture à Bruxelles, elle a chargé les manifestants dans le haut de la rue de la Loi.

+ LIRE AUSSI| VIDEOS| Affrontements entre la police et les gilets jaunes à Bruxelles

 

Des boules de billard

 

Ilse Van de keere, la porte-parole de la police de Bruxelles-Ixelles, explique que les manifestants ont lancé divers projectiles, entre autres des pierres, à l’encontre des policiers, ce qui a motivé la décision de charger les participants pour les disperser.

En effet, des casseurs se sont invités dans le rassemblement. Une voiture de police a été incendiée et une autre renversée (5 minutes 17’). Des boules de billard ont notamment été lancées contre les policiers. Les manifestants ont aussi utilisé des fumigènes et des pétards.

Par après, un projectile a mis le feu à un véhicule de police. Des gaz lacrymogènes ont été employés par les agents des forces de l’ordre.

 

La faute à qui?

 

Ilse Van de keere avance que les policiers n’ont fait que riposter aux manifestants, mais certains participants attribuent l’origine des troubles à la police: «Il n’y avait aucun débordement quand ils ont fait intervenir les auto-pompes», estime un des manifestants.

«C’est un carnage. Je suis d’accord avec les casseurs, car c’est la police qui a commencé. La police a commencé à taper rue de la Loi alors qu’il n’y avait pas non plus de débordement. […] Ils se permettent de gazer des femmes et des enfants, alors que ce sont les citoyens qui les paient».

Tous les tunnels sont réouverts

Les manifestants se trouvaient vendredi en début d’après-midi place du Trône à Bruxelles, selon la zone de police Bruxelles-Ixelles. Ils bloquaient la circulation sur la petite ceinture de la capitale. En conséquence, Bruxelles Mobilité avait annoncé la fermeture de tous les tunnels de la petite ceinture entre la Porte de Namur et la basilique.

Sur le coup de 17h20, tous les tunnels étaient réouverts à la circulation.

 

 

Les stations de métro Parc et Arts-Loi, qui avaient été fermées, viennent ausis de réouvrir, annonce la société bruxelloise de transports publics Stib vendredi vers 16h00.

 

 

Trois personnes arrêtées judiciairement

74 personnes ont été interpellées. Sur les 74 arrestations dénombrées par la police locale, 70 sont des arrestations administratives. Les arrestations ont été effectuées aux abords de la gare du Midi, près de la zone neutre et à la gare centrale. Elles concernent des perturbations de l’ordre public, des dégradations ou la possession d’objets dangereux comme des fumigènes.

En marge de la manifestation des "gilets jaunes" vendredi à Bruxelles, trois personnes ont été arrêtées judiciairement, a indiqué le parquet de Bruxelles en début de soirée. Un dossier pour incendies volontaires a également été ouvert après l'incendie de deux véhicules appartenant aux forces de l'ordre. Les suspects n'ont pas encore été identifiés.

Parmi les trois personnes arrêtées, l'une est suspectée d'avoir commis des faits de port d'arme et une autre est suspectée de dégradations volontaires. La troisième personne a été aperçue en possession de produits stupéfiants et a reçu une convocation pour une audition ultérieure par les services de police.

Il s'agit d'informations "parcellaires" mais "vu l'actualité en cours, nous ne pouvons communiquer qu'un bilan provisoire à ce stade", précise le parquet de Bruxelles. Ce bilan est dès lors "susceptible d'évolution dans les prochaines heures".

«C’est de l’esclavagisme»

Les manifestants ont aussi utilisé des fumigènes et des pétards. Beaucoup ont fait le déplacement depuis la Wallonie. «On est ici pour faire comprendre au gouvernement que nous on a rien pendant qu’eux ils ont tout», a défendu un manifestant de Braine-l’Alleud, père de 4 enfants. «Les politiciens gagnent des 6.000 euros net par mois et nous des 800 par mois, sans compter le prix de l’essence, les taxes… Nous, avec 1.200 euros, on doit élever des enfants, payer un loyer, payer des factures… C’est de l’esclavagisme. […] Pendant que eux vivent comme des princes, nous on vit comme des chiens».

 

Encore quelques barrages filtrants en province de Hainaut

Des gilets jaunes continuaient de procéder à des barrages filtrants et bloquants en divers endroits dans la province de Hainaut, peut-on lire sur le site internet de la police fédérale Inforoutes.

Les actions des protestataires ont lieu sur la N40 à hauteur d’Erquelinnes, au poste frontière d’Hensies sur l’A7/E19, sur la N99 à la Macquenoise (barrage filtrant pour les voitures et bloquant pour les camions), sur la N57 à Ghislenghien (à la sortie 29 de l’A8/E429) et sur la N5 à Couillet, au carrefour avec l’échangeur du R3.

«D’autres lieux sont susceptibles d’être visés par l’action actuellement en cours (postes frontières avec la France, dépôts de carburant,…)», avertit la police fédérale qui conseille «fortement» d’éviter les lieux.