ANDERLECHT

De l’or en bar à Anderlecht: voilà le premier poisson zéro antibiotique 100% bruxellois

De l’or en bar à Anderlecht: voilà le premier poisson zéro antibiotique 100% bruxellois

Le bar rayé de Bruxelles «se distingue par ses lignes bleutées et sa chair blanche et ferme». BIGH

Les premiers poissons de la ferme aquaponique des abattoirs d’Anderlecht peuvent frétiller dans vos assiettes. Ce bar rayé 100% bruxellois est un nouvel exemple d’agriculture urbaine circulaire puisque ses déjections alimentent tomates et aromates.

Ça y est: Bruxelles peut désormais consommer du poisson en circuit court. Oui, vous avez bien lu: du poisson. Ce dernier ne vient pas des eaux du canal. Ni même d’un étang ou d’une portion de Senne à ciel ouvert, mais bien d’une... ferme.

Cette ferme, c’est celle qui s’est implantée sur le toit des abattoirs d’Anderlecht. BIGH (pour Building Integrated GreenHouses), l’entreprise qui exploite l’espace de toiture au-dessus de la halle du Foodmet, a en effet bouclé la boucle de l’aquaponie. Le bar rayé qui y barbotte y est élevé «en complète harmonie avec l’irrigation des plantes».

De l’or en bar à Anderlecht: voilà le premier poisson zéro antibiotique 100% bruxellois
Les alevins sont isolés avant de gagner le circuit aquaponique. EdfA - Mathieu GOLINVAUX

De l’or en bar à Anderlecht: voilà le premier poisson zéro antibiotique 100% bruxellois
L’eau des poissons nourrit les plantes, qui la filtrent avant qu’elle revienne aux bassins. BIGH
En d’autres termes, les tomates cerises et herbes aromatiques y poussent à deux pas des aquariums et se nourrissent des déjections des poissons, lesquelles sont filtrées naturellement par des bactéries. Ensuite, les plantes filtrent l’eau qui retourne dans les bassins. Précision utile: ce concept circulaire ne permet pas les antibiotiques, que les plantes ne supporteraient pas.

La ferme de BIGH est «la plus grande ferme urbaine aquaponique suspendue d’Europe». Les poissons y grandissent depuis mars 2018 et sont donc désormais commercialisés, aux alentours de 25€ le kilo. «Originaire d’Amérique du Nord, le bar rayé se distingue par ses lignes bleutées et sa chair blanche et ferme», annonce la ferme. «Son goût est un doux mélange entre le bar du Chili et la truite». Vous pouvez l’acheter entier entre 350 et 500 grammes, éviscéré, en filets, frais ou fumé. Il est forcément «sans particules de plastique» (eh oui), et 100% local en circuit on ne peut plus court.

Sur sa surface de 4000m2, BIGH espère produire 30 tonnes de bar rayé, 16 tonnes de tomates cerises et 170.000 pots d’herbes aromatiques chaque année. Fruits et légumes de saison s’y ajoutent grâce aux potagers extérieurs cultivés en économie sociale, juste à côté des serres. L’idée est aussi d’exporter l’expertise et la haute technologie vers d’autres villes d’Europe.

De l’or en bar à Anderlecht: voilà le premier poisson zéro antibiotique 100% bruxellois
Les plantes de la ferme se nourrissent des déjections des poissons, qui barbotent dans les aquariums de haute technologie adjacents. Daina Le Lardic / Isopix