BRUXELLES

«Attention, c’est streu ici»: l’énorme sapin de la Grand-Place s’est fait attendre au tournant

Le sapin de la Grand-Place, plus épais que d'habitude, a donné quelques sueurs froides à ses convoyeurs, forcés de choisir un nouvel itinéraire en raison des chantiers bruxellois. EdA - Julien RENSONNET

Le sapin a fait une entrée remarquée ce jeudi matin sur la Grand-Place de Bruxelles. Entrée retardée surtout. Il faut dire que ce retraîté de 22 mètres et 67 hivers était beaucoup plus épais que d’habitude. D’où quelques frictions dans les ruelles médiévales.

Le sapin de Noël de la Grand-Place de Bruxelles d’un côté. Les chantiers du Pentagone de l’autre. Quoi de plus habituel dans la capitale? Mais si vous prenez les deux et que vous les reliez, alors l’histoire peut se corser.

C’est ce qu’on a pu observer ce 22 novembre. Le traditionnel roi des forêts, coupé la veille sur les hauteurs ardennaises de Baelen, a fait attendre les curieux pour faire son entrée au pied de l’Hôtel de Ville. Celle-ci était comme d’habitude prévue aux aurores, mais les complications de circulation en ont décidé autrement. «Les chantiers du centre-ville nous ont poussés à choisir un nouvel itinéraire cette année», confirme Marina Bresciani, porte-parole des Plaisirs d’Hiver. Et ce n’est que vers 10h que le vieil épicéa de 67 hivers a pu étendre ses ramures au centre de la Grand-Place, après quelques blocages dans les carrefours des ruelles médiévales.

«Attention, c’est streu ici!» Dans son talkie-walkie, le convoyeur de la société MB Manutention prévient son chauffeur à l’entrée de la Grand-Place. Avec leurs collègues, ils viennent de mettre deux heures pour franchir les quelques centaines de mètres entre la place De Brouckère et l’embouchure de la rue au Beurre.

Le camion de plus de 30m et son précieux chargement de 22 et quelques pommes de pin, ont d’abord peiné pour se faufiler dans la rue des Fripiers, avant d’érafler quelques panneaux de signalisation derrière la Bourse, sous le clocher de l’église Saint-Nicolas. Et à l’entrée de la Grand-Place, il a fallu replier des auvents de chocolatiers et dévisser une terrasse de café.

«Ça fait 5 ans qu’on s’occupe de la mise en place du sapin et 3 ans qu’on le transporte et on n’avait jamais vu ça», souffle Vincent Bronlet, directeur de MB Manutention. Alors que ses gars tronçonnent le mastodonte maintenu en l’air par la grue, l’homme réenroule les sangles qui ont réduit le tour de taille de l’arbre.

«Notre camion est équipé de roues directionnelles à l’arrière. Ça facilite les manœuvres», reprend le responsable de l’entreprise de Thimister-Clermont. «De plus, les collègues se guident par walkie-talkie. Mais n’empêche, on a roulé depuis Eupen sans problème mais on a mis 2h pour les trois derniers carrefours. Je ne pensais pas que ça serait si juste».

Le problème le plus délicat: l’âge du colosse. «Non seulement il est touffu, mais en plus il est assez vieux. Il a donc des grosses branches qui ne plient pas bien et qui cassent comme du verre». La Ville en sera quitte pour redresser un ou deux poteaux indicateurs...

«Attention, c’est streu ici»: l’énorme sapin de la Grand-Place s’est fait attendre au tournant
Le sapin de la Grand-Place, plus épais que d'habitude, a donné quelques sueurs froides à ses convoyeurs, forcés de choisir un nouvel itinéraire en raison des chantiers bruxellois. EdA - Julien RENSONNET