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Restructuration à L'Avenir: la balle est dans le camp de la tutelle

Restructuration à L'Avenir: la balle est dans le camp de la tutelle

Ce lundi sera encore sous tension avec un nouveau conseil d’entreprise extraordinaire. © ÉdA – Jacques Duchateau

L’AJP et la SDR de «L’Avenir» ont, par courrier, demandé à Valérie De Bue, ministre de tutelle, d’annuler le plan social décidé par la direction des ÉdA.

Un courrier de l’Association des journalistes professionnels (AJP) et de la Société des rédacteurs de L’Avenir (SDR) a été adressé jeudi soir à la ministre de tutelle de Nethys, Valérie De Bue. Cette lettre, présentée à l’assemblée générale du personnel des ÉdA jeudi dernier, attend de la sorte une réaction de la ministre, dans le cadre du plan social, appelé pudiquement par la direction «plan ou projet de transformation.»

« Notre demande porte sur la décision relative au plan de restructuration imposé à L’Avenir (procédure Renault), est-il expliqué dans le courrier envoyé à la tutelle. Ce plan postule la suppression de 25% de l’effectif (60 équivalents temps plein, environ 70 personnes donc, dont 36 ETP à la rédaction). Il est accompagné d’un «plan de redéploiement» qui n’en porte malheureusement que le nom: le management de l’entreprise ne sait pas où il va, n’a aucune proposition réaliste de redéploiement. Ce plan de suppression d’emplois est létal pour l’entreprise qui doit rattraper un retard numérique important, dû à l’inertie de l’actionnaire pendant quatre ans (absence de formations, absence d’investissements, paralysie des décisions…)»

Le courrier en question rappelle aussi que cette absence de gestion et de vision a été confirmée en audition devant le Parlement wallon le 8 novembre dernier par Jos Donville, qui n’a convaincu ni en interne ni en externe de la pertinence des plans de redéploiement envisagés.

«L’actionnaire Nethys fait en réalité porter sur le personnel les conséquences de son inertie coupable, de son absence dramatique de vision, de son inexpérience dans le secteur de la presse, peut-on lire dans ce courrier. Or, selon des observateurs avisés du secteur (cf. audition d’IPM), il est parfaitement possible de redéployer L’Avenir sans passer par un plan de restructuration de cette ampleur.»

D’où la sollicitation de l’AJP et de la SDR « que la tutelle annule la décision de plan social, qu’elle déclare nulle et non avenue la procédure de licenciement collectif, et qu’elle enjoigne aux actionnaires du journal de geler l’emploi à son niveau actuel pendant une période de six mois au moins.»

Conseil d’entreprise ce lundi

L’AJP et la SDR, en conclusion, disent craindre que des licenciements ciblés (de certains journalistes, certains délégués,…) soient pratiqués par le management.

Au moment de rédiger ces lignes, Valérie De Bue n’a pas encore donné suite à ce courrier.

Le personnel de L’Avenir, lui, est toujours dans l’attente, alors que, ce lundi matin, un nouveau conseil d’entreprise extraordinaire est programmé dès 9 h. Une nouvelle négociation se tiendra l’après-midi entre les délégués syndicaux et la direction, centrée sur les conditions de départ des plus de 56 ans. Est-il encore utile de préciser que ces conditions sont jugées inacceptables, contrairement à ce que prétend la direction, qui argue du «souhait de nombreux collègues de bénéficier des possibilités actuellement existantes de départs en prépension.» Au sein de l’entreprise, nous n’avons encore rencontré aucun collègue pressé de partir dans des conditions jugées indécentes par les syndicats.