SANTÉ

La pénalité financière lorsqu’on a loupé une visite chez le dentiste critiquée par Solidaris

La pénalité financière lorsqu’on a loupé une visite chez le dentiste critiquée par Solidaris

Medicimage/Reporters

Les patients défavorisés socio-économiquement souffrent davantage du mécanisme de pénalisation financière du trajet de soins buccaux (TSB), déplore Solidaris.

Solidaris publie jeudi une étude sur l’impact financier du non-suivi du TSB (pénalité pour ceux qui ont loupé la visite annuelle chez le dentiste), instauré par l’accord dento-mutualiste 2015-2016. Chaque Belge âgé de 18 ans ou plus doit s’acquitter d’un ticket modérateur plus élevé s’il a loupé sa visite chez le dentiste l’année précédente.

La Mutualité socialiste a mené son analyse sur les données de 583.253 affiliés «bénéficiaires ordinaires», c’est-à-dire sans intervention majorée, qui ont eu au moins un contact avec leur dentiste en 2017. Résultat: dans trois cas sur dix, le patient a dû payer un ticket modérateur majoré car il avait éclipsé le dentiste l’année précédente.

Il a dû débourser 27 euros supplémentaires en moyenne. Un patient sur quatre a dû s’acquitter de 35 euros de plus et 5% ont même dû sortir 83 euros en plus de leur poche. En extrapolant ces chiffres au niveau national, la mutualité estime que l’impact financier du non-suivi du TSB s’est élevé à 18 millions d’euros pour les patients en 2017.

Investir dans la prévention

Ce mécanisme de pénalisation financière touche davantage les patients vivant dans un milieu défavorisé socio-économiquement: 39% d’entre eux ont reçu une facture majorée contre 25% pour «les personnes situées en haut de l’échelle sociale». Or, cette population «sous-consomme» déjà les soins dentaires, relève Solidaris.

La mutualité note encore que 50% du coût des soins dentaires sont supportés en Belgique par les patients: soit directement, soit via une assurance privée. «C’est principalement pour cette raison qu’un Belge sur deux ne consulte pas régulièrement et que trois Belges sur quatre envisagent de reporter une consultation chez le dentiste», déplore Solidaris.

Celle-ci veut dès lors mettre fin au mécanisme de pénalisation financière. D’autant plus qu’une première analyse de la mutualité en 2017 avait établi que le taux de recours aux soins dentaires préventifs n’avait que légèrement augmenté à la suite de l’instauration du TSB et surtout chez la population qui entretenait déjà des contacts réguliers avec son dentiste.

«Il est urgent d’investir des moyens dans la prévention bucco-dentaire et de mieux rembourser les soins dentaires via l’assurance obligatoire.» Elle appelle aussi, «en concertation avec tous les partenaires concernés, à développer des campagnes de sensibilisation adaptées afin de toucher les populations qui ne recourent pas aux soins dentaires, en particulier les publics précarisés».