FRANCE

Hausse de la taxe carburant maintenue, les blocages de routes seront sanctionnés

Hausse de la taxe carburant maintenue, les blocages de routes seront sanctionnés

ÉdA

ELe Premier ministre français Édouard Philippe a dévoilé mercredi une série de mesures pour atténuer la hausse des prix de l’énergie dans le budget des ménages à trois jours de la mobilisation des «gilets jaunes».

Ces mesures ne s’accompagneront pas toutefois d’une annulation de la hausse des taxes sur les carburants et les énergies fossiles (fioul, gaz, etc.) l’an prochain, a confirmé Édouard Philippe sur RTL.

«On ne va pas annuler la taxe carbone, nous n’allons pas changer de pied, nous n’allons pas renoncer à être à la hauteur de cet enjeu qui est considérable», qu’est la transition écologique, a-t-il insisté, alors que de nombreuses manifestations de grogne sur le pouvoir d’achat sont prévues samedi à l’appel de collectifs citoyens. «Mais nous avons également entendu le besoin exprimé par les Français d’être accompagnés dans cette transition, car elle est difficile», a-t-il toutefois ajouté.

Le chèque énergie, versé aux ménages modestes pour les aider à payer leurs factures d’énergie (gaz, électricité, etc.), sera ainsi élargi pour toucher 5,6 millions de foyers, a annoncé Édouard Philippe. «On va passer de 3,6 millions à 5,6 millions» de foyers, a-t-il déclaré, confirmant la hausse déjà prévue de 150 à 200 euros de ce chèque l’an prochain.

Ces aides censées répondre à la grogne des ménages, représentent environ 500 millions d’euros, en incluant la hausse déjà prévue du chèque énergie, dont le coût avoisine 200 millions d’euros, a confirmé M. Philippe.

Le gouvernement a également décidé de créer une «super prime» à la conversion pour les véhicules pour 20% des ménages les plus modestes, qui atteindra jusqu’à 4 000 euros doublant ainsi la prime existante. Elle sera financée «par le budget de l’État», a dit M. Philippe.

«Gilets jaunes» en France: les blocages de routes seront sanctionnés

Le Premier ministre français Édouard Philippe a mis en garde mercredi les «gilets jaunes», qui lancent une opération de blocages des routes à travers la France samedi, leur rappelant que «la loi s’applique» et que «l’entrave à la circulation, c’est sanctionné».

«Je le dis aux Français: vous avez le droit de manifester, bien sûr, mais il faut prendre ses responsabilités et respecter la loi», a averti Édouard Philippe sur RTL.

Tout en se disant «attentif aux inquiétudes, à l’angoisse, parfois la colère» des Français, il a rappelé que «la liberté de manifester passe par des déclarations (en préfecture, NDLR), par la prise de responsabilité de chacun». «On prend un risque si on ne respecte pas la loi», a insisté le Premier ministre. «Si certains axes venaient à être bloqués et qu’on en a besoin pour faire passer les pompiers, les ambulances, ça mettrait en péril la sécurité des Français et bien entendu, on prendra les mesures qui s’imposent», a-t-il affirmé.

La veille, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner avait déjà indiqué que le gouvernement n’accepterait «aucun blocage total» le 17 novembre. «Partout où il y aura un blocage, et donc un risque pour les interventions de sécurité et aussi la libre-circulation, nous interviendrons», a-t-il prévenu.

Des collectifs de citoyens, baptisés «gilets jaunes», ont appelé à une journée de blocage des routes et de points stratégiques samedi pour protester notamment contre la hausse du prix des carburants. Plusieurs centaines d’actions sont répertoriées sur les réseaux sociaux qui catalysent le mouvement.

Cette mobilisation, qui se veut apolitique, a reçu le soutien de plusieurs partis d’opposition, du Rassemblement national de Marine Le Pen à la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon en passant par Les Républicains de Laurent Wauquiez qui participera lui-même à une manifestation samedi dans son département de Haute-Loire.