JUDICIAIRE

Il séquestre, bat et viole une mineure dans sa cave pendant des mois, puis recommence: 15 ans de prison requis

Il séquestre, bat et viole une mineure dans sa cave pendant des mois, puis recommence: 15 ans de prison requis

Les faits reprochés à Jessy W. et à son père son horribles. BELGA

Jessy a séquestré une jeune femme dans une cave à Evere. Il l’a battue et violée pendant des mois. Esclavage, animaux battus, violence familiale...: les faits sont horribles. 15 ans de prison sont requis.

La procureure a requis, mercredi après-midi, devant le tribunal correctionnel de Bruxelles, une peine de 15 ans de prison à l’encontre de Jessy W., ainsi qu’une mise à disposition du tribunal de l’application des peines (TAP) durant 10 ans. Jessy W. est prévenu pour avoir séquestré une jeune femme dans une cave à Evere pendant plusieurs mois en 2016 et pour l’avoir battue et violée. Il est également poursuivi pour des faits similaires commis sur une autre jeune femme en 2017.

«Jessy W. est agressif, caractériel, antisocial et sadique avec les animaux. Il est dans la haine, celle de société, de la justice... Il séquestre ses victimes, torture des animaux, oblige les victimes à faire manger pour son père et lui. Il donne des coups lorsqu’elles refusent les relations sexuelles, les empêche de manger à leur faim...», a déclaré la procureure.

«Il n’a pas pu inculquer le bien et le mal à son fils»

Celle-ci a requis une peine de 15 ans de prison à son encontre pour viol, coups et blessures, séquestration, menaces et infraction à la loi sur le bien-être animal, ainsi qu’une mise à disposition du TAP pendant 10 ans ensuite et une interdiction à vie de détenir des animaux.

La procureure a également requis une peine de deux ans de prison ferme à l’encontre de Francis W., le père de Jessy W., pour non-assistance à personne en danger. «Il n’a pas pu inculquer le bien et le mal à son fils. Il l’a battu durant toute son enfance et s’est comporté de manière antisociale toute sa vie, lui aussi. En fait, quand on regarde le père et le fils, il n’y en a pas un pour rattraper l’autre», a-t-elle affirmé.

«Mon client a été battu par son père, il a vu sa mère mourir devant ses yeux»

Mercredi soir, l’avocat de Jessy W. a également pris la parole pour défendre son client. Il a sollicité une peine de probation autonome, admettant que c’est «audacieux» mais que ce type de sanction conviendrait le mieux à ce que les experts psychiatres préconisent pour Jessy W.

«Mon client a été battu par son père, il a vu sa mère mourir devant ses yeux alors qu’il n’avait que 6 ans, a été brûlé par de l’huile de friteuse l’année suivante et a dû être hospitalisé pendant un an. Il a ensuite eu sa première relation sexuelle à l’âge de 13 ans, avec sa belle-mère. Tout son vécu est loin d’être normal. Monsieur Jessy W. a en fait reproduit tout ce qu’il a vécu. Il n’a que 22 ans, il est récupérable. Il a bien conscience qu’il a un problème et il ne demande qu’à être soigné pour cela», a plaidé l’avocat.

Le jugement sera prononcé le 4 décembre prochain à 9h00.

Le rappel des faits

Jessy W. est prévenu pour avoir violé, battu et séquestré une mineure. Cette dernière avait été découverte dans la cave de l’immeuble de la soeur de Jessy W., à Evere, le 10 décembre 2016. Elle y avait vécu pendant deux mois et demi, avec juste un matelas et une couverture. Elle était sous-alimentée et avait été violée et frappée chaque jour de sa détention par le prévenu.

Ce dernier était alors en libération conditionnelle, après avoir été condamné pour des faits similaires par la cour d’appel de Mons.

Jessy W. avait également agi selon le même modus operandi avec une seconde jeune femme, D.F., en 2017, alors qu’il venait d’être à nouveau libéré sous conditions.

Il l’avait séquestrée pendant plusieurs mois, là où il vivait avec son père à Aiseau-Presles, dans le Hainaut, exerçant des violences quotidiennes et des viols sur celle-ci.

En octobre 2017, Jessy W. avait emmené D.F. de force avec lui à Lyon, pour échapper aux poursuites judiciaires. Ils avaient vécu dans la rue et dans des camps de sans-abri à Lyon où la victime a encore été violée, battue et menacée de mort.

Ils avaient été interpellés là-bas le 8 décembre 2017, après que Jessy W. avait commis un vol dans une grande surface.