Oreye: Jean-Marc Daerden bourgmestre à la place de Bernard de Sart?

Oreye: Jean-Marc Daerden bourgmestre à la place de Bernard de Sart?

EdA Pour le moment, Jean-Marc Daerden n’a encore prêté que le serment de conseiller.

Ancien président de l’USC devenu indépendant, Jean-Marc Daerden deviendrait bourgmestre le 3 décembre, Bernard de Sart préférant faire un pas de côté.

Après le rebondissement du soir des élections, qui avait vu la majorité socialiste d’Isabelle Albert renversée, passant de 7 à 6 sièges, en voici un autre. Alors que Bernard de Sart, MR et tête de la liste Ensemble, aurait logiquement dû ceindre l’écharpe mayorale, on apprend que c’est finalement Jean-Marc Daerden (56 ans) qui devrait diriger la commune les six prochaines années. Bernard de Sart, de par ses responsabilités professionnelles et familiales, ne se sentait en effet «pas prêt». «Ce n’est pas tant le travail qui lui fait peur mais plutôt la partie représentative de la fonction», explique Jean-Marc Daerden, qui, en tant que deuxième plus gros score de la liste avec 343 voix, deviendra bourgmestre.

En refusant le poste, Bernard de Sart, lui, peut rester conseiller mais ne peut plus occuper une autre fonction au sein du collège, à savoir devenir échevin ou président de CPAS (sauf s’il démissionne de son poste de conseiller: alors il pourrait être désigné président de CPAS «hors conseil» puisqu’un président de CPAS n’est pas obligé d’être un élu).

De même, étant deuxième plus gros score, Jean-Marc Daerden ne peut pas refuser d’être bourgmestre à la place de Bernard de Sart, sous peine de ne pouvoir lui non plus occuper d’autre fonction scabinale (en fait, quand on a les voix pour devenir bourgmestre, on ne peut pas refuser de l’être, sauf si, sur sa liste, on n’était pas l’un des trois premiers candidats).

En attendant, ce rebondissement devrait faire grincer des dents (encore un peu plus) dans les rangs de la majorité sortante puisque Jean-Marc Daerden a été, pendant 30 ans, président de… l’USC orétoise. «J’ai été dans l’exécutif, secrétaire et trésorier pendant 20 ans puis président pendant 10 ans, à partir de 2006, quand Isabelle Albert est devenue bourgmestre, résume Jean-Marc Daerden. C’est un peu moi qui ai mis la couronne sur sa tête. J’étais là pour la soutenir et pendant la première législature, tout s’est très bien passé, on était en symbiose.» Au début de la législature 2012-2018, Jean-Marc Daerden, qui était déjà conseiller de CPAS, est aussi devenu conseiller communal en prenant la place de Geoffrey Moës, démissionnaire.

«La majorité a été surprise d’être renversée»

Presque six ans pendant lesquels «la situation s’est dégradée. L’USC a été de moins en moins participative, des décisions qui ne m’ont pas plu m’ont été imposées. Il y a eu aussi le dossier Publifin, dans lequel Isabelle Albert a été citée, qui m’a heurté. J’ai donc quitté l’USC fin 2016-début 2017.» Jean-Marc Daerden a alors terminé son mandat en tant qu’indépendant avec, très vite, l’idée de monter sa propre liste pour le scrutin d’octobre 2018. Sauf que l’homme a eu du mal à réunir 12 candidats en plus de lui. «Le MR était dans le même cas, c’est pour ça qu’on a décidé de se mettre ensemble.» Au terme de discussions, il a été décidé que Bernard de Sart figurerait à la première place de cette liste. «La majorité a été surprise d’être renversée, mais nous aussi, on a été secoués de l’avoir renversée, on ne s’attendait vraiment pas à ça, ajoute Jean-Marc Daerden. On discute beaucoup depuis qu’on a gagné pour composer le collège. D’autant qu’on doit tenir compte qu’une de nos élues est la sœur de Bernard, qu’une autre doit monter à la Région pour remplacer un député qui devient bourgmestre, qu’il faut la parité au collège…»

Quand il sera dans la place, l’homme de combat qu’est Jean-Marc Daerden (il a pratiqué le karaté 40 ans dont 20 ans comme instructeur), veut surtout travailler sur la mobilité, l’environnement, les incivilités «mais surtout rapidement terminer les travaux commencés et qui n’en finissent pas, en particulier à la rue des Combattants».

«C’est son dernier coup»

Alors donc qu’Isabelle Albert et Jean-Marc Daerden étaient «comme cul et chemise» il y a quelques années, ils ne se parlent plus. Les débats risquent d’être houleux lors des conseils communaux, non? «Je sais que nos rapports vont d’emblée être conflictuels mais si elle revient vers moi de manière positive, je le serai aussi. Si elle est revancharde, je me fermerai comme une huître et ça, ce serait dommage, parce que ce ne serait pas dans l’intérêt de la Commune et des citoyens.»

Mais les choses commencent plutôt mal: la majorité actuelle a en effet décidé de baisser les taxes de 0,9% pour 2019. Une annonce qui sera faite au conseil communal de lundi. «C’est son dernier coup avant de partir, analyse Jean-Marc Daerden. Ça va nous mettre à mal et, à un moment, nous serons sûrement obligés de les remonter, ce qui ne sera pas populaire et jouera contre nous…»