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Willy Borsus à Nethys: «Le temps de la décision est venu»

Willy Borsus à Nethys: «Le temps de la décision est venu»

Le ministre-président wallon Willy Borsus (MR) était interrogé à son tour sur le plan de licenciement massif aux Éditions de l’Avenir. BELGA PHOTO ERIC LALMAND BELGA

Willy Borsus met le groupe Publifin-Nethys en demeure de présenter le nouveau périmètre de ses activités avant la fin décembre. Y compris pour le pôle presse, dont font partie les Éditions de l’Avenir.

Après le ministre wallon de l’Économie Pierre-Yves Jeholet, c’est le ministre-président Willy Borsus qui s’exprime sur le plan de licenciement massif au sein des Éditions de l’Avenir.

Il était interrogé ce matin au Parlement wallon par les députés Stéphane Hazée (Écolo), Benoît Drèze (cdH) et Jean-Paul Wahl (MR).

Comme son collègue Jeholet, Willy Borsus lance un appel au groupe Publifin-Nethys: il veut que le recalibrage des activités concurrentielles (Voo, pôle presse, assurances, énergie, etc.) soit défini avant la fin de cette année.

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Le moment est venu pour Nethys de mettre sur la table l’ensemble de ses décisions

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C’est donc un plan global que le gouvernement wallon attend dans ce délai: «Transferts, adossements, cessions… Le moment est venu pour Nethys de mettre sur la table l’ensemble de ses décisions par rapport à chacune de ses activités. Il est temps d’y voir clair.»

Au-delà, comme Pierre-Yves Jeholet, Willy Borsus n’exclut pas un portage des Éditions de l’Avenir par la Région wallonne. «Même si ce n’est pas notre préférence…» Et il considère lui aussi que toutes les alternatives doivent être examinées, comme la proposition de rachat par le groupe IPM (La Libre/La Dernière Heure), «même si les contours sont à affiner».

«C’est l’intérêt général qui est en cause»

Chez Écolo, on a bien compris le message du ministre-président. «Nous sommes à l’heure de vérité pour le recalibrage du périmètre (des activités de Nethys, NDLR), on est d’accord. Mais au journal L’Avenir, on ne peut pas attendre cette heure de vérité. Il y a un calendrier, un plan de licenciement massif», réagit Stéphane Hazée.

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Vous avez un pouvoir qu’aucun gouvernement n’a jamais eu et qui vous permet d’inverser le cours des choses

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Le portage est une option comme une autre, note-t-il. «Il s’agit surtout de voir comment et quand le gouvernement mobilisera les leviers dont il dispose pour éviter que ça se termine par une forme de fatalité: si Nethys ne veut pas vendre, les choses resteraient ainsi. Or, vous avez un pouvoir qu’aucun gouvernement n’a jamais eu et qui vous permet d’inverser le cours des choses. C’est l’intérêt général qui est en cause quand on parle de pluralisme de la presse, de la liberté de la presse et de contre-pouvoir», répète le député Écolo.

Attendre les auditions de ce jeudi

Bref, «c’est le temps de l’action!». Il dépose dans la foulée une motion qui va dans ce sens. En substance, Stéphane Hazée demande au gouvernement d’utiliser tous les leviers dont il dispose pour sortir L’Avenir de Nethys, et ouvrir des perspectives, par exemple au travers d’un portage régional.

Le MR Jean-Paul Wahl préfère attendre les conclusions des auditions prévues ce jeudi au Parlement sur l’avenir de la presse francophone, et singulièrement sur la situation des Éditions de L’Avenir, pour savoir s’il rejoindra Stéphane Hazée sur sa motion. L’Ecolo souhaite en effet que son texte fasse consensus.

Pour le cdH Benoît Drèze, «une chose est de sortir l’Avenir de Nethys, autre chose est de sortir Stéphane Moreau du groupe Nethys. Parce qu’il entend continuer comme avant», prévient le député wallon liégeois.

Lui aussi pense que le gouvernement ne doit plus tergiverser: «Vous avez les outils décisionnels, je vous invite à les utiliser pleinement».