TOURNAI

L’étang de Fourcroix victime de la sécheresse exceptionnelle à Blandain

L’étang de Fourcroix de Blandain s’est formé suite à un effondrement karstique il y a près de 60 ans. Jamais, il n’a été à sec comme aujourd’hui.

De mémoire de Blandinois et de Blandinoises, il y a toujours eu de l’eau dans cet effondrement karstique situé au centre d’une prairie dans le hameau de Fourcroix, à Blandain. Selon des anciens du village, une vache aurait été «avalée» dans le sous-sol, lors de l’effondrement qui se produisit ici soudainement en 1959 précisément.

Le trou s’est rempli d’eau; les berges sont partiellement retombées vers le centre et la superficie du plan d’eau s’est accrue assez rapidement pour prendre la forme de l’étang actuel d’environ 30 mètres de diamètre. Même lors de la grosse sécheresse de 1976, celui-ci contenait toujours de l’eau, mais le niveau se voulait plus bas durant les périodes de fortes chaleurs.

Aujourd’hui, le trou est complètement à sec depuis plusieurs semaines déjà, ce qui ne va pas sans soulever certaines interrogations chez ceux qui connaissent bien le site. Certains craignent de nouveaux effondrements.

Du côté de la SWDE, l’on se veut rassurant: «cette situation n’a aucun impact sur la distribution d’eau dans le Tournaisis, explique Benoît Moulin, porte-parole de la SWDE. Si cet étang est vide, c’est bien en raison de la sécheresse exceptionnelle que nous connaissons toujours aujourd’hui. Le phénomène est dû à la conjugaison de deux éléments: une pluviométrie quasi nulle et une évaporation des eaux de surface. Du côté de la nappe phréatique, il n’y a aucun souci. En réalité, suite à la multiplication des effondrements karstiques provoqués par une baisse importante de niveau dans la nappe phréatique, nous avons réalisé la Transhennuyère (N.D.L.R.: du nom donné à la station implantée à Gaurain) en 2002. Sa production est assurée à 80% par des eaux d’exhaure (soit par la récupération des eaux d’infiltration dans les carrières en activité) et à 20% par l’eau pompée dans la nappe phréatique. Ce qui a permis de soulager cette dernière qui est désormais revenue à un niveau normal, éliminant ainsi les risques d’effondrement.»

Pour la petite histoire on notera que la Transhennuyère a une capacité de «production» de 12000 mètres cubes d’eau par an, à destination majoritairement du Tournaisis mais aussi pour la région de La Panne, durant la belle saison, quand les besoins en eau augmentent avec l’arrivée des touristes dans la station balnéaire.