SOCIAL

Éditions de L’Avenir: prise de position contre le directeur des rédactions

Éditions de L’Avenir: prise de position contre le directeur des rédactions

- © EdA - Jacques Duchateau

Des précisions étaient attendues ce vendredi aux Éditions de l’Avenir. Elles ont été insuffisantes, au goût des représentants du personnel. Ce dernier a voté à la quasi-unanimité un avis pour ne plus reconnaître l’autorité du directeur des rédactions.

Trois jours après l’annonce par la direction du groupe de se séparer de 60 équivalents temps plein, un nouveau conseil d’entreprise s’est tenu ce vendredi matin au siège central de notre journal à Bouge. Les représentants du personnel déplorent le flou qui persiste autour de ce plan de restructuration.

Il y a été confirmé que ces 60 «ETP» correspondaient à environ 70 personnes sur 280 employés, soit un quart du personnel. On savait que les services commerciaux et rédactionnels seraient les plus touchés. Cela s’est confirmé. Il est question de supprimer 36 ETP sur 156 dans les rédactions et 20 ETP sur 60 dans les services commerciaux. Auxquels s’ajoutent 4 sur 33 dans les services supports.

Pour rappel, les premiers départs sont souhaités par la direction pour décembre. Ce «projet de transformation» annoncé mardi par l’administrateur-délégué Jos Donvil s’inscrit dans le cadre de la procédure Renault. Les différents intervenants sont dans la phase d’information/consultation, période dont la durée n’est pas fixée.

 

«

Pas question de faire de licenciements secs sans avoir exploré les autres pistes

»

 

Une grosse centaine d’employés ont assisté à l’assemblée générale qui avait été convoquée en milieu d’après-midi par les représentants du personnel. Ces derniers ont expliqué avoir reçu peu de précisions quant au plan, notamment quant à la répartition des départs par services.

Ils ont précisé qu’une prochaine concertation était prévue le lundi 5 novembre. Ils disent vouloir «tenter de limiter la casse» et être en train de collecter des informations pour réduire le nombre de 60 ETP et faire des contre-propositions. Ils veulent essayer de privilégier la piste des prépensions à 56 ans. Mais le timing s’annonce serré car la législation ne le permettra plus après 31 décembre. 56 personnes pourraient être concernées par cette piste. «Il n’est pas question de faire de licenciements secs sans avoir exploré les autres pistes et avoir les garanties de garder un journal qui fonctionne», ont-ils assuré.

Le préavis de grève, approuvé mardi en assemblée, n’a pas encore été déposé et ne le sera pas avant le 5 novembre, date du prochain conseil d’entreprise.

«Le directeur des rédactions n’est plus reconnu comme interlocuteur pertinent»

L’assemblée du personnel s’est par ailleurs positionnée au sujet de Philippe Lawson. Nommé directeur des rédactions fin juin, l’ancien journaliste de La Libre Belgique et de L’Echo n’est plus reconnu dans ses fonctions «comme interlocuteur pertinent dans le cadre de son travail quotidien» ni «dans le cadre des négociations en cours sur le plan social et la réorganisation des rédactions, ainsi que dans le cadre des choix techniques à opérer.»

Il lui a notamment été reproché d’avoir présenté «un projet rédactionnel indigent» fin août, de présenter «un plan de redéploiement incomplet», d’effectuer «des pressions quotidiennes sur les journalistes» et de «jouer au rédacteur en chef sans l’être».

Le personnel réclame que les deux rédacteurs en chef adjoints, Vincent Etienne et Olivier Deheneffe, prennent le «lead» de la rédaction. Cela a été voté à l’unanimité moins deux abstentions.

 

Le communiqué de l’ensemble du personnel des Editions de L’Avenir

Réuni en assemblée générale ce vendredi 26 octobre, le personnel des EDA, toutes catégories confondues, a décidé à l’unanimité (moins deux abstentions):

1. De ne plus considérer le directeur des rédactions, Philippe Lawson, comme interlocuteur pertinent dans le cadre de son travail quotidien. Cela signifie, spécialement pour les journalistes, que ces derniers ne reconnaissent plus son autorité en tant que manager de la rédaction,ni son rôle éditorial.

2. De ne plus considérer le même directeur des rédactions, comme interlocuteur pertinent dans le cadre des négociations en cours sur le plan social et la réorganisation des rédactions, ainsi que dans le cadre des choix techniques à opérer.

3. Le personnel demande instamment au management exécutif de l’entreprise, de désigner comme interlocuteurs premiers et pertinents dans tous ces domaines, les deux rédacteurs en chef adjoints actuellement membres du Management Team, Vincent Etienne et Olivier Deheneffe. Par ailleurs, à la suite de l’annonce faite lors d’un récent Conseil d’Entreprise par le CEO Jos Donvil, le personnel des EDA demande que soit rapidement lancé un appel à candidatures pour la désignation d’un rédacteur en chef, en interne. En excluant de parachuter sans concertation un rédacteur en chef ou un directeur des rédactions, comme ce fut le cas précédemment, avec les résultats que l’on sait.

Les explications d’une telle position, tiennent dans son caractère quasiment unanime, après de nombreux signaux d’alarme lancés par les journalistes de L’Avenir, depuis 4 mois, et l’arrivée de M. Lawson. Il apparaît impossible de relever les grands défis qui nous attendent, sous la direction d’un manager à ce point défaillant.

 

Enfin, le personnel a envoyé missive à l’administrateur-délégué pour lui rappeler les risques de passer à un format berlinois plus grand, et ce alors que des enquêtes pointaient une préférence des lecteurs pour le demi-berlinois.

+ VIDÉO | Les formats des journaux dans la presse belge