BRUXELLES

Grève chez Aviapartner: 90 vols au départ de Brussels Airport et une quarantaine d’arrivées supprimés

Grève chez Aviapartner: 90 vols au départ de Brussels Airport et une quarantaine d’arrivées supprimés

- Belga

Nonante vols au départ de Brussels Airport sont à présent supprimés, à la suite d’un mouvement de grève chez Aviapartner. Une quarantaine d’arrivées sont également annulées.

Alors que des négociations sont en cours entre syndicats et direction d’Aviapartner, le nombre de vols supprimés continue d’augmenter à Brussels Airport. Si en matinée 18 annulations étaient annoncées, à présent 90 vols au départ de l’aéroport de Zaventem sont supprimés.

«À Bruxelles, 90 départs et 47 arrivées ont été annulés», précise Nathalie Pierard, porte-parole de Brussels Airport. L’opérateur de bagages Aviapartner a déjà indiqué qu’il ne traiterait aucun vol jusqu’à ce samedi matin à 6h.

L’aéroport conseille aux voyageurs de s’informer sur la situation de leur vol avant de se rendre sur place. Aviapartner assure la manutention des avions d’une trentaine de compagnies, dont Ryanair, fortement touchée par la grève, easyJet, British Airways, Vueling et Turkish Airlines.

Ce jeudi vers 17h30, les travailleurs d’Aviapartner ont arrêté de charger les bagages et d’effectuer la maintenance sur le tarmac pour protester contre «une absence totale de concertation sociale» au sein de l’entreprise

De longues files d’attente dans un hall des départs surchargé

La grève a des conséquences directes dans le hall des départs de Brussels Airport avec de longues files d’attente de passagers à la recherche d’informations.

Le hall des départs était surchargé ce vendredi vers 9h. Beaucoup de gens s’en remettent aux panneaux d’information ou demandent des informations aux collaborateurs de l’aéroport pour savoir si leur vol est annulé. De longues files d’attente se sont formées devant Aviapartner.

Des bouteilles d’eau ont été distribuées aux passagers en attente. La nuit dernière, 300 passagers ont dû se trouver une place dans l’aéroport pour y passer la nuit. Le nombre de vols annulés est passé de 18 en début de matinée à 42, et désormais à près de 140 si on cumule départs et arrivées.

Brussels Airport conseille aux passagers de s’informer via le site de l’aéroport (https ://www.brusselsairport.be/en/lostbaggage) pour contrôler si leur vol est traité par Aviapartner.

Aviapartner est avec Swissport un des deux prestataires des compagnies opérant à Zaventem pour charger et décharger les bagages en soute.

Cette grève intervient à la veille d’un week-end de chassés-croisés dans l’aéroport bruxellois. La fin des vacances scolaires aux Pays-Bas voisins coïncide en effet avec le début de celles des élèves belges.

Les négociations suspendues

Les négociations entre syndicats et direction d’Aviapartner sont suspendues pour une durée indéterminée, ont confirmé ce vendredi peu avant 13h les syndicats socialistes UBT et Setca. La grève est maintenue.

«La direction affirme avoir rencontré les revendications que nous lui avions soumises, ce qui est faux, et ne voit donc pas où est le problème», selon la secrétaire régionale de l’UBT Bruxelles/Brabant flamand, Sandra Langenus. «La concertation est suspendue, la balle est dans leur camp.»

«On est nulle part», confirme Olivier Van Camp, secrétaire adjoint du Setca Industrie. «La direction n’a apporté aucune réponse aux questions posées hier, alors que nos revendications sont claires.» Une liste de 33 points a été remise aux dirigeants de l’opérateur de bagages Aviapartner. Les revendications concernent notamment la sécurité, le salaire des travailleurs et le manque de personnel.

«La goutte qui a fait déborder le vase»

Une prime promise mais qui n’a pas été totalement versée (voir ci-dessous) a été «la goutte qui a fait déborder le vase», commente Olivier Van Camp. Selon le Setca, la suspension de la consultation est le fait de la direction. «Nous restons ouverts au dialogue.»

«Nous avons demandé à la direction de nous recontacter lorsqu’elle aura des réponses concrètes à nos questions», ajoute Sandra Langenus, qui précise qu’une rencontre marathon ou de nuit n’est pas à l’ordre du jour actuellement.

Les chances sont minces que la grève s’interrompe ce vendredi. «Le mouvement se poursuivra jusqu’à ce que la plupart de nos demandes soient entendues et, pour le moment, on est très loin de s’entendre», conclut Olivier Van Camp.

Une centaine de vols au départ de Brussels Airport sont donc à présent annulés en cette veille de vacances de Toussaint. Au total 47.000 passagers devaient partir ce vendredi, indiquait l’aéroport de Zaventem.

Des primes partiellement payées, un des motifs de la grève

Aucun bagagiste de l’opérateur Aviapartner n’a touché la totalité de la prime négociée pour septembre avec la direction, dénonce ce vendredi midi le syndicat socialiste UBT. Ce paiement «non correct» est à l’origine de la grève qui paralyse les avions manutentionnés par l’entreprise à Brussels Airport depuis ce jeudi après-midi.

«Lors des négociations, il avait été convenu qu’une prime de 250 euros serait payée avant la fin septembre. Cette prime n’a été versée qu’au milieu de cette semaine, mais la direction a en plus utilisé un système non convenu de calcul proratisé», souligne Sandra Langenus, secrétaire régionale de l’UBT Bruxelles/Brabant flamand. «De sorte que presque personne n’a touché la totalité de la prime.»

Le syndicat pointe en outre des promesses non tenues, un manque de personnel et la vétusté du matériel. Après six réunions de conciliation en présence d’un médiateur du SPF Emploi, les négociations sont dans une impasse, selon l’UBT.

La direction «n’a délibérément rien fait concernant le manque d’effectifs sur le terrain, les salaires des travailleurs n’étaient pas en ordre et les heures supplémentaires, au lieu de diminuer, ont fortement augmenté», pointe notamment Sandra Langenus.

Les chefs d’équipe ne signent plus de plan de chargement car ils ne sont pas sûrs que les règles de sécurité soient respectées, énumère encore Sandra Langenus. «Le matériel ne fonctionne souvent pas convenablement et des rétroviseurs, des sièges ainsi que des ceintures de sécurité manquent.» Toutefois, les travailleurs seraient quand même sanctionnés s’ils ne portent pas leur ceinture.

«La direction a essayé d’économiser des milliers d’euros pour en perdre maintenant plusieurs centaines de milliers à la suite de l’action de grève», conclut la syndicaliste.

TUI fly dévie des vols vers Charleroi, Liège et Rotterdam

La compagnie aérienne TUI fly a dévié la plupart des vols prévus ce vendredi matin à Brussels Airport vers les aéroports de Charleroi et Liège. Un vol a également été dévié vers Rotterdam, précise la compagnie. Quatre autres étaient maintenus à Zaventem.

Les passagers concernés par ces changements ont été informés la veille par sms. La compagnie a prévu des navettes pour effectuer les transferts.

«Notre personnel va charger lui-même les bagages des passagers sur deux long-courriers et deux vols courtes distances qui partent de Brussels Airport», explique Sarah Saucin, porte-parole de TUI fly. «Sur nos 11 vols prévus ce matin, les sept autres sont déviés vers Charleroi, Liège et Rotterdam.»

Les aéroports d’Anvers et d’Ostende affichaient également des vols de la compagnie ce vendredi matin.

«Un petit jeu de ping-pong s’est installé»

Le syndicat libéral ACLVB, pendant flamand de la CGSLB, attend beaucoup de la concertation qui a lieu ce vendredi matin à 10h entre les syndicats et la direction de l’opérateur de bagages Aviapartner, dont les employés sont en grève depuis ce jeudi après-midi. Il doute cependant que leurs attentes soient rencontrées.

«Un petit jeu de ping-pong s’est installé», a commenté Fouad Bougrine de l’ACLVB. La direction a «une réponse prête à chaque revendication mais elle va revenir sur des promesses faites en janvier qui n’avaient pas été respectées à ce moment-là, tout en soutenant qu’elles ont été satisfaites.»

Pour les syndicats, le mouvement de grève spontané en cours depuis ce jeudi 17h30 est un cri d’alarme des travailleurs et l’employeur en est responsable. «Ils ne veulent pas prendre la responsabilité de certaines manœuvres dangereuses. Le matériel roulant est vieux et décrépit», énumère Fouad Bougrine.

«Les employés sont susceptibles de recevoir une amende s’ils ne portent pas de ceinture ou s’ils ne ferment pas une porte. Mais parfois, il n’y a plus de ceinture ou même de porte. Nous ne voulons pas voir des bons de commande mais du matériel convenable», conclut le syndicaliste.