RESTRUCTURATION À L’AVENIR

«La Région, prête à un portage»

«La Région, prête à un portage»

Willy Borsus et le gouvernement sont prêts à un portage pour limiter les pertes d’emplois. BELGA

Le monde politique wallon dans son ensemble incrimine Nethys pour la léthargie dans laquelle elle a laissé «L’Avenir». Majorité et opposition estiment qu’un portage de la Région est possible. Et que le gouvernement a désormais les moyens de bloquer les décisions prises par l’actionnaire.

Le Parlement de la Fédération Wallonie Bruxelles a débattu, hier, en séance plénière, de la situation dramatique aux Éditions de l’Avenir.

Un constat: tous les partis pointent la responsabilité de l’actionnaire Nethys.

« Avant le rachat par Nethys, L’Avenir allait plutôt bien. Depuis lors, il affiche des comptes dans le rouge!», a ainsi fustigé le MR Olivier Maroy, rappelant les promesses, pourtant faites à l’époque par Nethys, de redynamiser le groupe.

Même son de cloche chez les écolos, où Stéphane Hazée estime que l’origine de ce drame est à chercher dans la «gestion calamiteuse» et la «stratégie du pourrissement» menée par l’actionnaire Nethys.

Au cdH, Maxime Prévot estime que la situation est «un scandaleux dégât collatéral du manque de gestion proactive du management de Nethys» et que « les décisions qui devaient profiler L’Avenir au regard des enjeux importants n’ont pas été prises».

Et Prévot d’estimer que parler de «Nethys bashing» pour expliquer la situation, comme l’a fait le ministre Marcourt, c’est «tenir des propos maladroits alors que l’indignation à l’égard de l’affaire Publifin était légitime».

Pierre-Yves Dermagne, au PS, juge enfin que « les turbulences autour de Nethys ont laissé L’Avenir dans une situation de léthargie malgré les appels répétés à la direction et au management». Il s’estime lui aussi «choqué» lorsque Marcourt parle de «Nethys bashing».

La Région prête à un portage

Autre réaction, celle du ministre président de la Wallonie, Willy Borsus, qui juge que «les procédures du plan Renault et les délais doivent être maintenant mis à profit pour limiter les pertes d’emplois».

Mais surtout, Willy Borsus le dit clairement: le gouvernement est disponible pour une intervention qui pourrait limiter la casse sociale.

« Nous sommes clairement disposés à aider les Éditions de L’Avenir à travers nos outils financiers que sont la Sogepa ou la Sowalfin. On peut envisager un portage ou un partenariat. En tout état de cause, un statu quo dans le chef de Nethys n’est pas envisageable. Nethys, doit, dans les prochains jours, donner ses propositions et ses choix stratégiques en ce qui concerne ses activités concurrentielles. L’actionnaire doit permettre aux Éditions de L’Avenir de retrouver un futur garanti. Et cela doit aller très vite.»

Willy Borsus est donc très clair: oui la Région est prête à jouer un rôle important pour éviter un plan social massif.

Voilà une proposition qui ne manquera pas d’être reprise au bond par le PS et Pierre-Yves Dermagne qui juge qu’il faut «sortir les Éditions de L’Avenir» du Groupe Nethys.

«Il existe maintenant des outils juridiques qui le permettent. Le gouvernement peut désormais, grâce au décret gouvernance, mettre sous tutelle des sociétés locales. Et donc bloquer les décisions qui se prennent chez Nethys et aux Éditions de L’Avenir.»

Le débat sur «l’avenir de L’Avenir» qui se tiendra en commission Économie du Parlement wallon le 8 novembre prochain devrait sans doute permettre de voir un peu plus clair sur les intentions réelles des uns et des autres à propos des Éditions de L’Avenir.