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Nethys et les Éditions de l’Avenir: rattraper quatre ans de temps perdu?

Nethys et les Éditions de l’Avenir: rattraper quatre ans de temps perdu?

Stéphane Moreau est le boss de Nethys. Question: qu’a fait l’actionnaire depuis quatre ans? Reporters/GYS

Il y a quatre ans, Nethys achetait les Éditions de l’Avenir. Depuis quatre ans, qu’est-ce qui a été entrepris pour développer les activités?

«Nous devons effectuer un rattrapage technologique»: ce sont les paroles du Managing director, Yves Berlize (arrivé en septembre 2018 dans l’entreprise). C’était hier lors de l’assemblée du personnel où la direction a annoncé «son plan de transformation». Rattraper le temps perdu, c’est bien ça le problème.

Depuis le rachat des Éditions de l’Avenir par Nethys, en 2014, l’actionnaire ne s’est pas investi dans la société.

Pour rappel, les Éditions ont été en boni pendant sept années consécutives, jusqu’en 2016. Depuis, les chiffres n’ont cessé de se dégrader.

Qu’a fait l’actionnaire? Il a transféré l’ancien CEO, Quent in Gemoets (mai 2016), dans une de ses filiales pour nommer à sa place, un administrateur délégué qui a été remercié moins de deux ans plus tard sur un constat d’échec.

«Socialement difficilement acceptable»

Dans un communiqué de Nethys, de fin 2017, on pouvait lire à propos des propositions de cet administrateur délégué: «Cette restructuration et ses évolutions, jugées peu prospectives, peu pérennes et socialement difficilement acceptables, ont été rejetées à deux reprises par le comité de direction de Nethys.» À l’époque, c’était donc «socialement difficilement acceptable».

«Inertie de l’actionnaire»

C’est à cette époque aussi, que le comité de direction des Éditions de l’Avenir se fendait d’une lettre ouverte aux administrateurs de Nethys et Publifin, entre autres, pour dénoncer «l’absence de décisions et l’inertie de l’actionnaire» ou «les faits sont là, à la décision s’est substituée la démission, à la dynamique s’est imposée l’inertie». Des mots durs qui n’avaient pas du tout été appréciés.

Depuis quatre ans, autre décision qui a été prise par l’actionnaire: se séparer du rédacteur en chef, Thierry Dupiéreux, après un pourrissement de la situation. Celui-ci a été finalement remplacé par un directeur des rédactions. Histoire de contourner la procédure de nomination d’un rédacteur en chef qui prévoit la consultation de la société des rédacteurs?

Une chose est sûre, ce directeur de la rédaction ne fait pas l’unanimité au sein des journalistes.

Alors que s’est-il passé en quatre ans? Des synergies au niveau régies publicitaires guère convaincantes. Ensuite? Depuis quatre ans, il est annoncé de façon récurrente une plus grande intégration dans le groupe Telco du groupe Nethys où l’on retrouve VOO. Et ce pour rentabiliser l’information locale et régionale. Mais depuis quatre ans, on attend toujours. Hier, une nouvelle annonce a été faite en ce sens.

Hier, un plan de restructuration a aussi été annoncé. Le résultat de «l’inertie de l’actionnaire»? Une inertie que l’actionnaire explique par l’interventionnisme du politique dans ses activités.

Et même si Jos Donvil, le CEO du pôle Telco, a bien répété que le journal n’était pas à vendre pour l’instant, on ne peut que rappeler que Nethys est de plus en pressé pour céder ses «activités concurrentielles», soit les sociétés qui ne rentrent pas dans son core-business, comme VOO ou son pôle média, dont L’Avenir.