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Restructuration à L’Avenir: «Tout le personnel vit dans l’inquiétude», un préavis de grève déposé

Restructuration à L’Avenir: «Tout le personnel vit dans l’inquiétude», un préavis de grève déposé

Les représentants du personnel espèrent que l’administrateur délégué, Jos Donvil, aura les mains libres. © EdA

Les syndicats, estomaqués par l’ampleur du plan annoncé, attendent des précisions et fustigent la communication de la direction.

De mémoire de délégué syndical, on n’avait jamais vu un tel plan de restructuration aux Éditions de l’Avenir.

De par son ampleur tout d’abord: 60 équivalents temps plein sur base de 250 ETP, soit 25% du personnel. «Un premier plan nous a été présenté au début de l’année 2018, il prévoyait le départ de 10% du personnel, se souvient Philippe Gerday, délégué syndical Setca. Se débarrasser de 25% du personnel, c’est énorme. Si c’est pour générer plus de moyens financiers pour développer l’entreprise, on pourrait s’en réjouir. Mais comment faire plus et mieux avec autant de personnel en moins?»

La méthode interpelle également les représentants du personnel. «La direction nous a annoncé hier matin lors d’un conseil d’entreprise extraordinaire qu’elle allait dégager 60 équivalents temps plein sans donner aucune précision sur les services concernés, l’âge de la préretraite, etc., dénonce Dominique Collin, déléguée CNE. Il faudra attendre vendredi et le prochain conseil d’entreprise pour en savoir davantage. D’ici là, tous les membres du personnel vont vivre dans l’inquiétude! »

La direction a aligné des arguments chiffrés, se basant sur les réductions de personnel réalisées dans les autres groupes de presse francophones: de moins 22% à moins 34% entre 2007 et 2017 alors que les Éditions de L’Avenir ont, elles, dopé leurs effectifs de 6% au cours de cette période. « Nous sortions d’un plan de restructuration, il était donc normal qu’il y ait des engagements puisque nous avions une longueur d’avance par rapport à nos concurrents», argumente Philippe Gerday.

Ingérence du politique

Le montant des économies que Nethys souhaite réaliser n’est pas encore connu. La procédure Renault a été officiellement lancée hier, donnant le coup d’envoi à une longue phase de négociations.

Les représentants du personnel espèrent que l’administrateur délégué, Jos Donvil, aura les mains libres et redoutent l’ingérence du politique qui serait intervenu dans le choix de l’imprimerie. «Il y a quelques semaines, Jos Donvil a réuni un conseil d’entreprise pour annoncer qu’une décision avait été prise concernant le nouveau centre d’impression des journaux. Le matin même, il a été contraint de faire marche arrière. L’info ne pouvait pas sortir sous la pression des actionnaires de Nethys.»

Le choix du prochain format du journal, le demi-berlinois, plébiscité par les lecteurs au terme d’une enquête commanditée par Jos Donvil, ne sera finalement pas retenu au prétexte que le centre d’impression de Nivelles (groupe Rossel), n’est techniquement pas en mesure de l’assurer.

Concernant un éventuel rachat des Éditions de l’Avenir par le groupe Rossel, il n’est pas à l’ordre du jour, selon Jos Donvil. «On doit reconnaître que si l’actionnaire avait eu envie de nous vendre, il l’aurait fait maintenant et ne se serait pas engagé dans un plan de cette ampleur», estime Philippe Gerday. Mais Dominique Collin d’ajouter: «On peut tout craindre à partir du moment où Stéphane Moreau et Pol Heyse sont aux commandes. Je me pose la question de savoir comment des patrons qui ont pu monter une entreprise comme Nethys gèrent d’une manière aussi improbable les entreprises de presse qu’ils ont rachetées.»

 

 

Et la suite?

 

Un deuxième conseil d’entreprise est prévu ce vendredi matin. Les syndicats espèrent y obtenir davantage de précisions sur ce que la direction projette comme réorganisation, quels seront les services impactés, sur le choix du centre d’impression Rossel et du format berlinois.

Une assemblée du personnel sera convoquée à 15 h, à la suite de laquelle des actions supplémentaires pourraient être envisagées.

Ce mercredi matin, un préavis de grève – voté à une très large majorité par le personnel – sera par ailleurs déposé par les syndicats.

Direction et représentants des travailleurs se réuniront désormais tous les mardis et les vendredis, dans le cadre de la procédure Renault.

«On sent, dans le chef de la direction, une volonté d’aller vite», note Philippe Gerday, délégué syndical Setca.