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Restructuration aux Éditions de l’Avenir: 60 équivalents temps plein menacés

Restructuration aux Éditions de l’Avenir: 60 équivalents temps plein menacés

Les Éditions de L’Avenir emploient 280 personnes pour 250 équivalents temps plein. 60 «ETP» sont menacés. © EdA - Jacques Duchateau

Un conseil d’entreprise extraordinaire s’est tenu ce mardi à 11h30 aux Éditions de l’Avenir. Il y a été annoncé un plan de restructuration qui touche près d’un quart du personnel.

La direction des Éditions de l’Avenir, qui éditent le journal L’Avenir, notre site web www.lavenir.net et Le JDE, a annoncé son intention de se séparer de 60 équivalents temps plein sur les 250 que compte la société. Cela équivaudrait à une réduction de 24% du personnel, «principalement dans les équipes rédactionnelles et commerciales», précise la direction .

Ce «plan de transformation» s’appliquera dans le cadre de la loi Renault. «La première phase d’information et de consultation démarrera cette semaine avec les représentants du personnel. Ce n’est qu’à l’issue de cette procédure légale qu’une décision définitive sera prise quant au nombre d’emplois affectés par ce licenciement collectif.»

 

Assemblées générales

 

Les employés en ont été informés peu après 13h par Jos Donvil, CEO des Éditions de L’Avenir et directeur du pôle télécoms de Nethys, et Yves Berlize, directeur général des Éditions de l’Avenir.

«Nous allons traverser une période humainement difficile. Les équipes sont soudées, très attachées à leur média: en moyenne nos collaborateurs comptent 17 années passées dans la maison. Cette transformation est indispensable pour garantir un futur à notre journal. Nous la mènerons dans le respect de chaque collaborateur», affirme Jos Donvil.

MISE ` JOUR | Une autre assemblée générale du personnel a été tenue à 15h, également dans les bureaux de la rédaction centrale, par les délégations syndicales CNE et Setca, l’Association des Journalistes Professionnels et la Société Des Rédacteurs de l’entreprise. Certaines actions ont été décidées, en attendant la tenue d’un nouveau conseil d’entreprise vendredi.

 

 

Nouvelle imprimerie et nouveau format

 

Notre entreprise, propriété du groupe Nethys depuis 2014, va par ailleurs changer de centre d’impression. À partir de janvier, nos journaux seront imprimés à Nivelles par les rotatives du groupe Rossel.

Ce changement de rotative s’accompagne aussi une modification du format: L’Avenir passera du tabloïd au «berlinois», soit celui du Soir et de Sudpresse, journaux édités par Rossel.

«Il s’agit d’une décision purement opérationnelle, aucune reprise des Editions de L’Avenir par le groupe Rossel n’est à l’ordre du jour», assure Jos Donvil.

 

 

Communiqué des représentants du personnel des Editions de L’Avenir

A la suite des annonces faites ce mardi 23 octobre, par le management des EDA, les représentants de toutes les catégories de personnel, qui oeuvrent toutes, à leur niveau, à la fabrication d’un média essentiel en Wallonie, ne peuvent que faire un constat de gâchis. Les délégations du personnel (AJP, SDR, CNE, Setca), s’unissent dans ce constat amer. Que nous pouvons résumer en quelques points.

1.Consternation. La tempête qui a secoué notre actionnaire fait de premières victimes. Mais pas celles que l’on croyait. C’est au sein même d’un journal quotidien, et du deuxième groupe de presse francophone, que des têtes roulent. C’est en vain que les représentants du personnel, ont interpellé durant des mois les administrateurs de Publifin et de Nethys, sur leurs responsabilités en tant que patrons de presse. C’est également en vain, que le monde politique a lui aussi été interpellé, sur le sort d’un média pris, malgré lui, dans la même tempête, et dont les journalistes ont montré toute leur indépendance et leur rigueur, durant ces temps troublés. La même rigueur, pendant ce temps, n’était visiblement pas de mise, dans la gestion de l’entreprise. En témoignent, les nombreuses tergiversations dans le choix d’une imprimerie et d’un format, et la prise de décision incroyablement tardive, dans ce dossier capital.

2.Imprimerie. Le choix est exactement contraire à celui que le président du conseil d’administration des Éditions de l’Avenir avait dit, à la fin janvier, acquis au profit d’un autre groupe d’impression, plébiscité à la fois par l’équipe de direction et par le personnel du groupe. Cet avis unanime est ignoré: les représentants(e)s du personnel le déplorent. Ils s’interrogent par ailleurs sur les potentiels développements que le choix peut cacher. Dans ce contexte, les représentants(e)s du personnel des Éditions de l’Avenir seront plus attentifs(ve)s que jamais au respect de la ligne éditoriale du groupe, et à la sauvegarde de ce pluralisme de la presse, garant de la démocratie.

3.Plan social. Au sein d’un média qui a fait preuve de la plus grande indépendance vis-à-vis de son actionnaire, les délégations du personnel seront particulièrement attentives à la manière de le mener, et de cibler les personnes. Il en va de la sérénité de négociations qui seront longues. Pendant ce temps, les équipes de L’Avenir comptent bien continuer à assumer leur mission avec la même rigueur et la même passion. Elles savent qu’elles peuvent compter sur des lecteurs fidèles, eux aussi attachés à leur “gazette”.

4.Respect svp. Soyons clairs. Le manque de confiance évident par rapport à des équipes qui continuent à faire leurs preuves en produisant de l’information régionale de qualité, suscite un malaise profond au sein du personnel, et ce depuis des mois. Une marque d’irrespect total par rapport au produit, serait d’annuler les cérémonies du centenaire de l’édition namuroise de L’Avenir. Nous les devons aussi, aux générations de journalistes qui se sont succédé, et à des générations de lecteurs fidèles.

5.Transparence. Cette fois, il est grand temps d’exposer clairement la stratégie envisagée, à long terme. On parle certes d’une société anonyme, mais rappelons que les fonds gérés par Nethys, proviennent du public. De plus, s’agissant d’un média, l’enjeu est hautement démocratique. Et il ne concerne pas que nos titres. Il n’en reste que quelques quotidiens en communauté Wallonie-Bruxelles.

 

 

Le communiqué de la direction

 

Transformation des Editions de L’Avenir pour pérenniser un média régional de qualité

 

À l’instar de tous les autres grands quotidiens francophones, les Editions de l’Avenir se voient contraintes à leur tour de mettre en œuvre un plan de redéploiement pour garantir leur futur. De nouveaux profils ont rejoint l’équipe de direction au début de l’été. Un plan de transformation et de croissance a été validé ce matin par le conseil d’administration. Il prévoit le renforcement de l’ancrage local et dans les grandes villes wallonnes, le développement d’une offre digitale d’information de qualité et la concrétisation des synergies entre les pôles Télécom et Média. La direction a également annoncé son intention de restructurer principalement ses services rédactionnels et commerciaux.

Depuis plusieurs années, le secteur de la presse souffre d’une baisse importante de ses ventes. Les Editions de L’Avenir n’échappent pas à la règle. Fort d’une nouvelle équipe de direction avec l’arrivée cet été de Yves Berlize au poste de managing director et Philippe Lawson en tant que directeur des rédactions, le groupe de presse vient de lancer un vaste chantier de transformation.

Cette transformation est cruciale pour pérenniser le futur des Editions de L’Avenir. Le groupe de presse est face à de grands défis. L’élargissement de son lectorat local et dans les grandes villes wallonnes, le développement d’une offre digitale d’information de qualité et la concrétisation des synergies entre les pôles Télécom et Média du groupe sont les trois axes de développement pour relancer les ventes des Editions de L’Avenir et faire du journal L’Avenir, le premier quotidien francophone.

Pour mener à bien cette transformation, Les Editions de L’Avenir ont besoin de s’appuyer sur des compétences particulières qui soutiennent ce projet d’entreprise. Un plan de restructuration accompagnant cette transformation a été présenté ce matin au conseil d’administration et au conseil d’entreprise. La direction des Editions de L’Avenir a annoncé son intention de se séparer de 60 équivalents temps plein, principalement dans les équipes rédactionnelles et commerciales. Les Editions de L’Avenir emploient quelque 280 personnes. La première phase d’information et de consultation de la procédure Renault démarrera cette semaine avec les représentants du personnel. Ce n’est qu’à l’issue de cette procédure légale qu’une décision définitive sera prise quant au nombre d’emplois affectés par ce licenciement collectif.

Pour l’administrateur délégué, Jos Donvil «Nous allons traverser une période humainement difficile. Les équipes sont soudées, très attachées à leur média: en moyenne nos collaborateurs comptent 17 années passées dans la maison. Cette transformation est indispensable pour garantir un futur à notre journal. Nous la mènerons dans le respect de chaque collaborateur.»

Moustique et TéléPocket

Le groupe de presse L’Avenir se compose de trois entités distinctes qui éditent un quotidien, L’Avenir, un magazine gratuit, Proximag et trois hebdos, le JDE (Journal des Enfants), Moustique et TéléPocket. La restructuration envisagée porterait principalement sur les équipes rédactionnelles et commerciales des Editions de L’Avenir (éditeur de L’Avenir, du site web lavenir.net, de sa version mobile m.lavenir.net et du JDE).

L’Avenir est le deuxième quotidien francophone en Wallonie avec 9 éditions locales et 1 édition wallonne disponibles en support papier et/ou digital, 24,32% de parts de marché (source: CIM mars 2018) et plus de 77.000 exemplaires vendus chaque jour. L’Avenir est une marque d’information multiplateforme avec une audience moyenne quotidienne de 494.500 lecteurs (source: CIM septembre 2018).

Le JDE est un journal hebdomadaire d’actualité dédié aux enfants de 9 à 13 ans. Sa vente moyenne est de 18.000 exemplaires.

Le magazine gratuit de proximité Proximag, édité par L’Avenir Advertising (LAA), n’est pas concerné par la restructuration envisagée. Des réflexions sont toutefois menées pour moderniser ce média. Décliné en 37 éditions locales, Proximag est distribué dans 1,4 million de foyers en Wallonie et à Bruxelles.

L’Avenir Hebdo (LAH) édite Moustique, le newsmagazine par excellence, et TéléPocket, le guide TV au format de poche, et n’est pas concerné par les licenciements envisagés.

Investir dans le développement de l’entreprise et devenir le premier quotidien francophone

Pour Yves Berlize, managing director, «Tous les groupes de presse ont été ou sont encore confrontés à la nécessité d’adapter leur fonctionnement à la vague digitale. Nos lecteurs consomment différemment l’information, il est urgent pour les Editions de L’Avenir de s’adapter à cette tendance et de basculer vers un système qui renforce l’offre digitale, tout en gardant une information de fond et de qualité dans les médias papier.» Autrement dit, si aujourd’hui les articles sont encore écrits pour le journal papier et ensuite déclinés en version digitale, la tendance s’inversera et impliquera un changement important dans la manière de travailler.

De nombreux investissements informatiques auront également lieu et permettront aux Editions de L’Avenir de profiter des services de support du pôle Télécom. L’objectif est de partager les bonnes pratiques qui soutiennent l’essence même de chaque marque, son contenu rédactionnel. Ces mesures contribueront à renouer avec une situation financière en équilibre et à pérenniser l’entreprise. Une décision a également été prise à propos de l’imprimerie, le quotidien L’Avenir sera imprimé chez Rossel dès le début 2019. Il s’agit d’une décision purement opérationnelle, aucune reprise des Editions de L’Avenir par le groupe Rossel n’est à l’ordre du jour.

«Nos médias ont des contenus de qualité. En investissant dans les nouvelles technologies, nous allons les faire évoluer pour qu’ils soient le reflet d’une époque inspirée par le digital. Nous allons investir dans le développement des Editions de l’Avenir et devenir le premier quotidien francophone.», insiste Jos Donvil, administrateur délégué des Editions de L’Avenir.

A propos des Editions de L’Avenir

C’est en 1829 que le premier journal du groupe a été créé, le Courrier de l’Escaut. Depuis 2014, les Editions de L’Avenir sont détenues à 100% par le groupe Nethys. Les Editions de L’Avenir ont réalisé en 2017 un chiffre d’affaires de 52 millions d’euros.