SCHAERBEEK - ST-JOSSE - EVERE

Switch, chien de soutien émotionnel de la zone Nord, a déjà déstressé 4 mineurs lors de leurs auditions

Une boule de poils que l’enfant peut câliner, peigner et promener: voilà l’idée derrière l’arrivée de Switch à la police de Bruxelles-Nord. Ce labernois est le nouveau «chien de soutien émotionnel» de la zone. Croisement du bouvier bernois et du labrador, il s’inspire d’une expérience canadienne. Et semble fonctionner.

La police locale de Bruxelles Nord (Schaerbeek, Saint-Josse-ten-Noode, Evere) a décidé de lancer le projet «Chien de soutien émotionnel», développé au Canada et inédit en Belgique. Switch, une femelle Larbenois, est arrivée début octobre dans la zone de police, qui est très fière d’accueillir son nouveau collègue.

Nathalie, inspectrice dans le pilier judiciaire et maître-chien de Switch, a constaté, depuis longtemps un vide en matière d’accompagnement des victimes durant le processus judiciaire. En effet, ce processus, souvent long et lourd, a pour conséquence que les victimes peuvent se sentir seules ou abandonnées. «Depuis longtemps, l’envie d’aider concrètement les victimes était en moi. C’est d’ailleurs pour cela que je me suis engagée à la police», nous explique Nathalie dans un communiqué de la zone Nord.

Le chien de soutien émotionnel a semblé être la solution parfaite pour la zone de police de Bruxelles Nord. Switch, une femelle Labernois (croisement Labrador/Bouvier Bernois), sera là pour soutenir et réconforter les victimes, principalement les victimes mineures et/ou de violences conjugales. La police de Bruxelles-Nord est la première zone de Belgique à développer un tel projet et à signer un accord avec la Fondation Mira, spécialisée dans la formation des chiens d’assistance.

Il est prouvé que le chien peut jouer un rôle bénéfique tant sur le plan psychologique (stress, anxiété, agressivité, dépression, …) que sur le plan physiologique (calme la respiration, diminue la fréquence cardiaque et la pression artérielle). De plus, dans ce moment stressant, il endosse un rôle d’élément facilitateur pour l’enquêteur qui peut ainsi travailler dans un climat plus «détendu» lors de l’audition de la victime.

Déjà 4 auditions de mineurs dans des dossiers familiaux «lourds»

Par exemple, depuis début octobre, Switch a participé à 4 auditions de mineurs dans des dossiers familiaux lourds et compliqués. À chaque fois, lors de l’audition de l’enfant, la présence du chien va permettre une diversion positive. L’attention de l’enfant n’est pas figée sur des éléments stressants mais au contraire sur la boule de poils qu’il peut câliner, peigner et promener à souhait. Cette diversion permet à l’enfant de se déstresser et de parler plus facilement avec l’enquêteur. La relation entre les deux est plus détendue et l’enfant est ainsi plus vite en confiance. L’audition est moins traumatisante pour lui et l’enquêteur obtient plus de détails qui peuvent s’avérer importants pour l’enquête.

Switch peut également intervenir dans le cadre d’opérations prévention. Elle rendra visite aux classes dans le cadre des projets de parrainage des écoles par la police locale, ou lors d’actions ciblées pour récolter des informations auprès de la population. Un chien est un élément facilitateur dans la création d’un lien de confiance. Il apaise, ce qui permet une meilleure récolte de l’information.

Elle a ainsi déjà participé à une opération visant à entrer en contact avec des enfants victimes potentielles de rackets. Ici aussi le chien a permis ce contact positif; permettant aux enfants de mieux raconter ce qui se passait dans le quartier. Ceci a pu être exploité par les enquêteurs de la police locale afin de constituer un dossier d’enquête.