Ghafghaf et Lawarée, Diables sur le tard

Ghafghaf et Lawarée, un duo endiablé… Heymans

L’avant de Fize et l’ancien Hannutois ont pris part à la 2e Coupe du monde de teqball, une nouvelle discipline. Découverte.

«Qu’est-ce que tu fais là? Allez monte, je te conduis au bon endroit…» De passage devant le stade de Seraing, Marc Segatto, le coach de Verlaine, nous sert de chauffeur pour aller à la rencontre de deux Diables rouges si l’on peut dire. Les deux premiers d’une toute nouvelle discipline: le teqball, un nouveau sport à mi-chemin entre le tennis de table et le football avec, et c’est la principale différence avec le tennis ballon, une table sur laquelle il faut faire rebondir le cuir. Le jeu se joue à un contre un ou, en équipe, à deux contre deux. Le premier à 20 points remporte le match ou le set si la rencontre se joue au meilleur des 3 manches.

La semaine passée, c’était les championnats du monde à Reims, en France. Et à Huy-Waremme, on connaît bien les deux Diables rouges qui ont représenté la Belgique puisque Karim Ghafghaf évolue à Fize depuis le début de la saison alors que jadis, Axel Lawarée a joué à Hannut. C’était la deuxième Coupe du monde de l’histoire après la première en Hongrie il y a 2 ans. «Via la fédération internationale de teqball, j’ai appris qu’il allait y avoir des championnats du monde bientôt, narre Axel Lawarée, responsable de l’école des jeunes de Seraing. J’ai alors reçu une invitation officielle me proposant de représenter la Belgique en simple et en double. Mais il me fallait un autre joueur pour m’accompagner. J’ai tout de suite pensé à Karim car il fallait être disponible pour s’entraîner un peu et rester sur place de jeudi à samedi dernier. Puis, Karim est un ami et un bon joueur. Et, au final, on ne peut qu’être content…»

Il faut dire que les Français avaient mis les petits plats dans les grands pour organiser l’événement et accueillir les 42 nations présentes avec des arbitres formés en Hongrie triés sur le volet, une technologie high-tech pour permettre au public de ne rien louper sur place, des invités prestigieux comme Laurent Banc, le Prince de Monaco, William Gallas, Robert Pires et Bruno Cheyrou. «Avec lequel on a pris des contacts pour organiser des tournois prochainement» glisse Karim.

Sur place, les deux gaillards ont fait ce qu’ils ont pu. «On a appris qu’on participait à l’événement trois semaines avant, sourit Axel. On ne s’est donc quasiment pas entraîné, si ce n’est 4 ou 5 séances entre nous ici à Seraing avec une de mes tables. Et j’avoue que j’ai stressé car j’ai vraiment eu peur d’être ridicule… » «Et encore, on s’est entraîné sans connaître les bonnes règles, rigole Karim. C’est à Reims qu’on s’est rendu compte que c’était plus compliqué que ce qu’on pensait. »

Au final, les deux gaillards ont plus que tiré leur épingle du jeu en France. Avec, en solo, la première place de sa poule pour l’ancien joueur du Standard et une honorable élimination en 8e de finale face à un Japonais. «Et je suis sûr que si j’avais pu m’entraîner plus, j’aurais vraiment eu ma chance» assure Axel. En double, les deux hommes ont signé un parcours respectable battant la Malaisie et l’Algérie et ne loupant la qualification pour les 8e de finale qu’à la défaveur d’une défaite de trop. «Mais face à la Hongrie, championne du monde en titre, et l’Espagne, on n’a eu aucune chance, ponctue Karim. Contre la Hongrie, on met 3 points mais c’est parce qu’ils nous en donnent deux. La table était trop petite… (rires).» Ces deux-là ne sont en tout cas pas près d’oublier leur aventure rémoise.

Lawarée: «Il y a un potentiel»

L’ancien joueur de Séville croit au produit teqball qu’il tente de lancer en Belgique. Il surfe en fait sur une vague mondiale.

«Venez, je vais vous montrer la bête…» C’est dans les installations même de Seraing qu’Axel Lawarée nous fait découvrir le teqball. Une discipline dont il est tombé amoureux il y a quelques mois. Achetant 3 tables qu’il loue pour diverses activités partout dans le pays. «Au début, les gens regardaient ça bizarrement, sourit-il. Puis, les enfants s’y sont mis. Avant les parents. Il suffit de mettre une table ici sur un terrain pour se rendre compte de l’ampleur du phénomène. Je pense que cette discipline a un vrai avenir.»

Elle pourrait d’ailleurs devenir discipline de démonstration aux prochains Jeux olympiques. «Sa naissance part un peu de nulle part, narre Axel qui tente de lancer le produit en Belgique. Un ancien joueur professionnel hongrois était dans son jardin quand il a eu l’idée de mettre une balle de foot sur une table de ping-pong. Un voisin était avec lui. Ils ont alors lancé un match quand un autre voisin est arrivé. Il était ingénieur. Et a proposé des solutions pour que le ballon rebondisse mieux, notamment en ce qui concerne le revêtement. C’était parti… »

Il fallait encore des moyens. Et ils sont venus de deux milliardaires hongrois. «Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les plus forts de la discipline viennent de là, dit Lawarée. La fédération internationale a envie de voir les choses en grand. Mais il ne faut pas avoir été un grand joueur pour être bon. Il suffit de quelques gestes techniques à maîtriser et on s’en sort déjà. D’ailleurs, si on s’est bien débrouillé dans notre tournoi en double, c’est parce qu’on a su s’entraîner sur un terrain annexe juste avant nos matchs… »

Ghafghaf: «J’adore la mentalité de la Hesbaye»

Ex international de beach-volley aux côtés de Mathieu Belme, entre autres, Karim Ghafghaf est adepte des disciplines connexes si l’on peut dire. Il n’empêche que le foot reste sa priorité. Et un sport dans lequel il continue d’exceller. Pour preuve: au lendemain de sa Coupe du monde de teqball, l’avant s’est offert un triplé avec Fize contre Cointe (5-1). «Bah, je sais que je ne suis pas le premier choix du coach Thierry Deprez et je le respecte, dit le frère de Medhi. Les choses étaient claires dès le début de la saison. Mais, bon, si je peux mettre un maximum les bâtons dans les roues du coach, je ne vais pas me gêner (rires).»

Auteur de 4 buts en à peine quelques minutes de jeu depuis le début de la saison, le cadet des Ghafghaf découvre la Hesbaye non sans bonheur. « J’aime beaucoup la mentalité qui règne à Fize, dit-il. Il y a une ambiance familiale qui cadre bien avec mes valeurs. Arrêter? À 37 ans, non, je n’y pense pas. Tant que le corps suit, je vais continuer de jouer. Surtout, sans être désagréable, que le niveau de la P1 n’est plus ce qu’il était… »