BELGIQUE

Grogne des policiers: Jambon rappelle les mesures prises

Grogne des policiers: Jambon rappelle les mesures prises

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Le ministre de l’Intérieur, Jan Jambon, a rappelé jeudi les mesures prises en faveur de l’appareil policier alors que le mouvement de protestation s’intensifie au départ d’un groupe Facebook qui a recueilli 20.000 adhérents.

Des centaines de policiers se trouvent en arrêt maladie, nécessitant la prise de mesures particulières pour couvrir le Sommet européen à Bruxelles.

À la Chambre, M. Jambon (N-VA) a rappelé les mesures prises en matière de capital maladie, de capacité, de salaire et de violence contre les policiers.

La suppression du capital maladie, qui permettait aux agents plus âgés, aux compétences physiques réduites, de terminer leur carrière anticipativement, sera exécutée, a-t-il dit. «Mais j’ai dit aux syndicats que dans les mesures de transition, il subsistait un espace de dialogue».

Concernant la capacité policière, les déficits ne sont pas d’hier, a rappelé le ministre de l’Intérieur. On ouvre des postes pour des centaines d’agents par an mais le problème est le recrutement. «Nous avons réalisé une étude à ce sujet et la procédure sera adaptée à la fin de l’année, et des budgets y seront affectés», a-t-il dit.

Concernant les revendications salariales, le ministre «ne comprend vraiment pas le mécontentement policier». Un accord a été conclu avec trois des quatre syndicats permettant une augmentation pour un nombre significatif de policiers. Il entrera en vigueur le 1er janvier 2019. M. Jambon a démenti qu’il soit touché au régime des «inconvénients» relatif aux prestations de week-end et aux heures supplémentaires.

Relativement à la violence contre la police, toutes les suggestions proposées par les syndicats ont été intégrées ou sont sur le point de l’être, a assuré le ministre alors que son collègue Koen Geens renforce la loi contre la violence policière. «Tout est dans le pipeline mais ma porte reste ouverte aux syndicats pour des mesures complémentaires», a-t-il précisé.

Jan Jambon a demandé aux chefs de corps de distribuer une communication au personnel de police alors que, selon lui, beaucoup de «fausses informations» circulent.

L’organisation de la sécurité du sommet européen fut un «puzzle», a admis M. Jambon, mais la capacité a été suffisante pour garantir la sécurité.

Interrogé par les députés, M. Jambon n’a pas répondu aux questions lui demandant de confirmer ou infirmer l’appel à l’armée, belge et luxembourgeoise, ainsi qu’à des services de police étrangers. Il n’a pas non plus répondu aux questions sur la réquisition et l’envoi de médecins-conseils.

«En cette fin de législature, votre bulletin sera un zéro pointé», a estimé Nawal Ben Hamou (PS). Véronique Caprasse (DéFI) a évoqué une «prise de conscience tardive». Pour Marco Van Hees, Jan Jambon est devenu «l’ennemi public numéro un» de la police, une expression dénoncée par Philippe Pivin (MR).

Il y a dans ce que vous dites «beaucoup d’annonces mais peu d’effet sur le terrain», a constaté Stefaan Van Hecke (Écolo-Groen). Pour Vanessa Matz (cdH), il existe «un risque de mettre la population en danger».

Le vice-Premier ministre N-VA s’est dit conscient de la pression très forte qui s’exerce sur les services de sécurité, en particulier les services de police pour lesquels il a dit avoir du respect.