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Budget belge recalé par la Commission européenne: «Ridicule», selon Van Overtveldt

Budget belge recalé par la Commission européenne:  «Ridicule», selon Van Overtveldt

BELGA

Le gouvernement Michel a reçu un courrier de la Commission européenne lui indiquant que son budget 2019 était recalé.

Belgique fait désormais partie – avec la France, l’Italie, l’Espagne et le Portugal – des pays qui ont reçu pareille réprimande de l’Europe, a appris De Tijd.

La Commission estime que la Belgique n’a pas pris assez de mesures pour répondre aux exigences européennes en matière budgétaire. Tant que le budget n’est pas à l’équilibre, la Belgique doit en principe réduire son déficit de 0,6% du PIB par an. Mais la Belgique est à 0,2% en 2019.

Le gouvernement fédéral espérait pouvoir compter sur la clémence de l’exécutif européen, mais cela n’a pas été le cas. Une condamnation définitive arrivera fin novembre, selon De Tijd.

 

 

«Ridicule», selon Johan Van Overtveldt

 

Le ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA) n’est pas du tout en accord avec la réprimande européenne, a-t-il laissé entendre jeudi matin sur la VRT Radio.

L’Italie, l’Espagne, le Portugal et la France vont, certes, recevoir un courrier similaire de la Commission, qui recale leurs différents budgets, mais «cette comparaison est ridicule», estime-t-il.

Le ministre assure qu’il discutera encore intensément avec les autorités européennes de cette décision.

Le gouvernement Michel recevra prochainement une lettre de la Commission lui expliquant pourquoi son budget 2019 est recalé, a appris De Tijd auprès de sources européennes. La Belgique rejoint de la sorte l’Italie, l’Espagne, le Portugal et la France - également surnommé le Club Med car ces pays sont connus pour avoir des problèmes budgétaires- au club des réprimandés.

«Cette comparaison est ridicule», estime toutefois le ministre des Finances. «Ce sont des pays qui flirtent avec la norme des 3% en termes de déficit budgétaire ou qui la dépassent même parfois. De plus, ils se trouvent tous dans une tendance haussière de leur dette publique, alors que chez nous elle est en baisse», explique Johan Van Overtveldt. «La Commission met tous ces pays dans un même sac alors que tous ne devraient pas s’y trouver, et certainement pas la Belgique.»

Tant que le budget n’est pas en équilibre, la Belgique est tenue d’assainir celui-ci de 0,6% chaque année. Pourtant, l’effort belge pour 2019 n’est que de 0,2% et n’est donc pas suffisant.

«Mais, en 2017, nous avons fait bien plus que ce qui était demandé», répond le ministre. «En outre, la Commission a appelé elle-même à la flexibilité: si des réformes structurelles sont entreprises, comme le taxshift chez nous par exemple, et qu’il y a suffisamment d’investissements, un écart (budgétaire) est possible.»

Johan Van Overtveldt souhaite donc encore discuter intensément dans les semaines à venir avec la Commission européenne de cette décision, dont la version finale tombera fin novembre.

 

L’échec est total, d’après le PS

 

Budget belge recalé par la Commission européenne:  «Ridicule», selon Van Overtveldt
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«L’échec est total», juge jeudi le chef de groupe PS à la Chambre Ahmed Laaouej.

Pour Ahmed Laaouej, cette situation est la résultante des «mauvais choix» du gouvernement durant la législature. Les réinvestissements dans la police et la lutte contre le terrorisme n’expliquent pas «l’ampleur du problème».

«Le gouvernement Michel paie, et fait payer à l’ensemble de la population, les cadeaux offerts aux entreprises sans lien avec une obligation de création d’emplois et d’investissements. On l’observe, la part des emplois créés en lien avec la réduction des cotisations sociales (tax shift) est secondaire. L’argent consacré aux baisses de cotisations ne se retrouve plus dans les caisses de l’Etat», s’alarme le député socialiste.

Par ailleurs, le gouvernement a créé «un climat de défiance» en se coupant de certains agents économiques comme les ménages, poursuit-il. Le saut d’index, la hausse de la TVA sur l’électricité et les économies dans la Sécurité sociale ont plombé la demande intérieure.

A cela s’ajoute, selon M. Laaouej, «la mauvaise gestion permanente» du département des Finances. «On a été de pantalonnade en pantalonnade dans l’estimation des recettes fiscales».

Autre élément qui entraîne la réaction du chef de groupe socialiste, «il aura fallu quatre ans pour attendre un plan contre la fraude fiscale, en particulier la fraude fiscale grave, et on n’en connaît toujours pas le contenu». Il reproche à l’ex-secrétaire d’Etat Elke Sleurs de n’avoir rien fait, et à «la droite» d’avoir saboté les conclusions de la commission Panama.

Enfin, ce gouvernement a également «freiné» la demande publique en réalisant 3 milliards d’euros d’économies dans la SNCB, en coupant de façon linéaire dans les départements et à la Justice.

Fort de ce constat, Ahmed Laaouej en appelle à «une autre politique économique» qui lie le soutien aux entreprises à la création d’emplois et à l’investissement, et qui soutienne les ménages.