ÉLECTIONS 2018 – MONS

«Mons en Mieux» a un ticket quasi certain pour l’opposition

«Mons en Mieux» a un ticket quasi certain pour l’opposition

Georges-Louis Bouchez lors de son vote à l’école Trieu hier. BELGA

Selon le futur bourgmestre de Mons Nicolas Martin (PS), diriger avec «Mons en Mieux» serait compliqué.

Étant donné les relations particulièrement tendues et la violence des échanges entre le PS montois et le leader de «Mons en Mieux» Georges-Louis Bouchez, on n’imaginait très mal les chefs de file des deux formations s’asseoir autour d’une même table pour négocier un pacte de majorité après le 14 octobre.

Même si en politique tout est possible, l’incompatibilité idéologique se double ici d’une incompatibilité de personnes, tant Georges-Louis Bouchez et Nicolas Martin ne s’entendent pas.

Alors apprendre que la liste «Mons en Mieux» ne figurerait pas dans les intentions d’alliance de Nicolas Martin n’a rien d’une surprise.

Même si les différentes formations politiques montoises évoquaient dimanche une campagne électorale «sereine», Nicolas Martin trouverait compliqué d’ouvrir sa majorité absolue à «Mons en Mieux».

«Ce serait difficile d’ouvrir à cette liste, mais il est encore un peu tôt pour évoquer ce dossier», a expliqué M. Martin qui rappelait, dimanche soir, son souhait d’ouvrir sa majorité à une ou des formations politiques.

«Nous devons encore discuter en interne. Nous sommes conscients du signal fort lancé par l’électeur. Je prendrai contact avec différentes formations montoises dans le cadre de l’ouverture de notre majorité dont, bien entendu, Écolo», a-t-il précisé.

Écolo attend un signal

Écolo indiquait ce matin attendre un signal de la part du PS pour entamer des discussions dans la cité du Doudou.

Le parti écologiste a réalisé un score historique à Mons avec 12,78% des suffrages, soit 3,96% de mieux par rapport à 2012 et six sièges au lieu de trois. «Le programme du ou des partenaires devrait être cohérent et entrer dans notre objectif de continuer à développer la ville», a conclu Nicolas Martin.

Le PS montois reste la première force politique dans la cité du Doudou avec 44,25% des suffrages, et malgré une chute de 10,91% et une perte de 6 sièges.

Au lendemain du scrutin, trois options plausibles se dessinent pour gouverner la ville.

1. Une reconduction de l’alliance avec le cdH. Mais elle passerait alors pour une majorité de perdants, réunissant les deux partis qui ont perdu des plumes à Mons.

2. Une coalition PS-cdH-Écolo, qui offrirait une large majorité à l’équipe gouvernante. Cette configuration aurait également l’avantage d’intégrer un parti qui a vraiment progressé à Mons et serait une manière de répondre au «signal fort» envoyé par l’électeur.

3. Le PS dispose de la majorité absolue et pourrait mathématiquement aller seul… Mais cette majorité serait fragile et ne tiendrait qu’à un siège. Si le PS y va seul, ce ne sera sans doute pas son choix, mais la conséquence d’une incapacité de trouver un accord avec un partenaire pour gouverner la ville. Quant à une alliance avec le PTB, elle semble improbable, le PS n’ayant eu de cesse de répéter que le PTB ne voulait pas gouverner. Mais il est vrai qu’en politique, on change de discours comme de chaussettes.

Bouchez: «une victoire sur toute la ligne»

Même s’il semble promis à l’opposition, Georges-Louis Bouchez a toutefois affirmé avoir engrangé une «victoire sur toute la ligne», à son arrivée lundi à la réunion hebdomadaire du MR à Bruxelles.

«Notre liste gagne trois sièges, le PS a perdu sa majorité absolue en voix, et pour la majorité en sièges, on verra», a commenté M. Bouchez. Cela représente pour lui une «victoire sur toute la ligne».

Le PS du bourgmestre sortant Elio Di Rupo a subi un lourd ressac en perdant 6 sièges pour tomber à 23, mais il préserve de justesse une courte majorité absolue, faisant ainsi échouer M. Bouchez dans son pari de briser cette dernière.


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