ASSISES DE LIÈGE

Bon père ou jaloux et possessif? Philippe Roufflaer avait une double personnalité

Bon père ou jaloux et possessif? Philippe Roufflaer avait une double personnalité

Philippe Roufflaer a ôté la vie à ses deux filles et incendié la maison qu’il occupait avant de tenter de mettre fin à ses jours. BELGA

Les enquêteurs ont évoqué lundi devant la cour d’assises de Liège la double personnalité de Philippe Roufflaer. L’accusé a été décrit comme un bon père pour ses filles. Mais il pouvait aussi se montrer jaloux, possessif et violent à l’égard de leur mère.

Les policiers qui ont réalisé l’enquête de moralité ont dressé le résumé de la personnalité de Philippe Roufflaer. Né en 1976, l’accusé a été marqué par le divorce de ses parents survenu alors qu’il était âgé de quatre ans. Philippe Roufflaer a été élevé par sa mère, sa grand-mère et sa tante alors qu’il avait peu de contacts avec son père. Il a souffert de la séparation de ses parents et de l’alcoolisme de sa mère.

En mai 2002, Philippe Roufflaer fait la connaissance de la mère des deux victimes. Il s’installe avec elle le jour de leur rencontre. Leur mariage intervient en 2010. Mais l’entente se dégrade dans le couple à partir du mariage et le divorce est prononcé en 2013.

Philippe Roufflaer a été décrit par de nombreux témoins comme un homme serviable et gentil. Il a toutefois pu montrer une autre personnalité et être infernal. L’accusé a effectué une scolarité primaire et secondaire avant de s’orienter vers une école professionnelle. Il n’était pas bagarreur durant sa scolarité mais était considéré comme un élève insolent, provocateur et qui excitait les autres.

Sur le plan professionnel, Philippe Roufflaer avait l’habitude de croire qu’il avait plus de connaissances que ses supérieurs. Il n’est pas toujours parvenu à conserver ses emplois pour cette raison.

L’accusé a notamment travaillé comme couvreur mais a d’un toit et en a conservé des problèmes de dos. Il n’a plus travaillé depuis 2011 et bénéficiait d’indemnités de la mutuelle ainsi que d’une invalidité de quelques pour cent.

Philippe Roufflaer était considéré comme un bon père qui aimait ses filles. Il était affectueux et attentionné envers elles. Il leur laissait faire ce qu’elles désiraient. L’accusé ne réalisait par contre pas les tâches ménagères et consacrait de nombreuses heures à dormir car il était dépressif.

Les enquêteurs ont encore évoqué le caractère serviable de l’accusé, qui a couru toute sa vie après une famille stable. Mais Philippe Roufflaer apparaît aussi à travers l’enquête de moralité comme un homme en colère qui désirait écraser les autres. Il se montrait jaloux et possessif envers la mère de ses filles. Il était menaçant, violent, menteur et simulateur. Il pouvait faire croire qu’il souffrait d’un cancer ou se disait victime d’un AVC pour parvenir à ses fins et provoquer le retour de sa compagne après une rupture.