ASSISES LIÈGE

Philippe Roufflaer avait été sauvé de l’incendie de justesse

Philippe Roufflaer avait été sauvé de l’incendie de justesse

- BELGA

Les pompiers entendus vendredi après-midi en qualité de témoins devant la cour d’assises de Liège ont confirmé que Philippe Roufflaer avait été découvert inconscient dans l’incendie de sa maison. Ses filles étaient déjà décédées à l’arrivée des secours.

Les faits reprochés à Philippe Roufflaer s’étaient déroulés à Soumagne le 30 décembre 2016 au matin. Philippe Roufflaer est suspecté d’avoir donné la mort à ses deux filles et d’avoir incendié la maison qu’il occupait avant de tenter de mettre fin à ses jours.

Les jurés ont pu entendre les témoignages des premiers intervenants sur les lieux des faits. C’est une voisine de l’immeuble occupé par la famille de Philippe Roufflaer qui avait donné l’alerte auprès du propriétaire du bâtiment après avoir constaté les fumées de l’incendie qui se dégageaient des fenêtres.

Le matin des faits, une voisine médecin avait été bloquée par la camionnette de Philippe Roufflaer qui était stationnée dans l’allée de son domicile. Elle avait été surprise par une odeur persistante de mazout.

L’appel aux pompiers a été donné à 9h30 après la confirmation par le propriétaire des lieux que la fumée qui se dégageait provenait d’un incendie.

Les pompiers intervenus sur place ont rapporté que la maison était inaccessible à leur arrivée. Les portes d’entrée avaient été verrouillées. A l’étage, une pièce était fermée de l’intérieur, bloquée par une valise placée derrière la porte. Lorsqu’ils ont ouvert cette porte, les pompiers ont découvert trois personnes.

La première personne, Loana, ne présentait pas de blessure apparente mais se trouvait en arrêt cardiaque. Les pompiers ont tenté de la réanimer, sans succès. Sa sœur, Naora, était égorgée. Aucun geste de premier secours n’a été pratiqué car la gravité extrême de la blessure rendait toute intervention inutile.

Philippe Roufflaer, troisième personne découverte sur place, était inconscient mais présentait des signes vitaux. Il a été assisté par les pompiers sur le plan respiratoire. Ces manœuvres l’avaient sauvé de justesse d’une grave intoxication aux fumées de l’incendie. Un hélicoptère avait été dépêché sur place.

Les pompiers ont évoqué leur frustration face à une telle intervention. Ils avaient été alertés pour un incendie traditionnel et envoyés sur place sans moyens médicaux. Ils ont découvert sur place deux petites filles mortes et n’avaient pas été préparés à ce schéma d’intervention plus grave. Une intervention plus rapide n’aurait cependant pas permis de sauver les fillettes.

Le procès reprendra lundi avec les auditions des témoins de moralité et avec les auditions des experts psychologues et psychiatres.