BELGIQUE

Grève du zèle de la police ce vendredi: malaise général, ras-le-bol, «fatigue»

Grève du zèle de la police ce vendredi: malaise général, ras-le-bol, «fatigue»

heymans

L’action devrait être «conséquente»: les policiers du pays mènent des actions de «contrôles pointilleux». Cette «grève du zèle» à l’appel du front commun SLFP-SNPS visait d’abord la période 06h30-08h30 mais en réalité c’est toute la journée que les policiers pourraient se montrer particulièrement zélés dans leur travail.

Les policiers du pays mènent ce vendredi, théoriquement depuis 6h30, des actions de «contrôles pointilleux», selon les mots de Vincent Gilles, président du SLFP. Cette «grève du zèle» à l’appel du front commun SLFP-SNPS, ensuite rejoint par le syndicat chrétien, visait d’abord la période 06h30-08h30 mais en réalité c’est toute la journée que les policiers, de tous les services et à diverses occasions, pourraient se montrer particulièrement zélés dans leur travail, selon le président du SLFP.

Peu avant 7h, son homologue du SNPS, Carlo Medo, indique que l’action est «très bien suivie»: «ce sera une matinée chargée pour la police», même s’il est impossible de donner des chiffres de participation.

«Nous avons invité les policiers à mener des contrôles d’opportunité toute la journée», indique Vincent Gilles. Cela concerne «toutes les équipes d’intervention», et le but est de «marquer le coup en faisant le travail correctement, en prenant le temps», explique-t-il. Vu qu’il s’agit d’«actions à géométrie variable», il est difficile de prédire quelles seront les conséquences concrètes pour les citoyens. Mais l’action devrait être «conséquente», selon Vincent Gilles, et devrait entre autres se traduire par des contrôles renforcés sur la route, notamment sur les axes entrants dans Bruxelles.

Les zones principales d’action, tôt vendredi, sont situées, logiquement, dans et autour de Bruxelles, mais aussi entre autres dans le Limbourg et dans les alentours de Turnhout, selon Carlo Medo. Vincent Gilles pointe quant à lui «les grandes villes», avec aussi «Anvers, Gand, Namur»…

Un malaise général

La raison de l’action: un malaise général au sein de la police, un ras-le-bol, une «fatigue» de la part d’agents qui font l’objet de violences régulières et qui ont l’impression de ne pas être entendus par la justice et par les autorités. Les violences envers les policiers sont citées en premier comme cause de désarroi, mais rapidement Vincent Gilles évoque aussi «le sentiment qu’on détricote leur statut», qu’il s’agisse de l’incertitude sur les pensions ou du récent projet de revoir le système des sanctions disciplinaires.

«Les agents de police sont effrayés par le détricotage de leur statut et demandent du respect de la part des politiques et des citoyens», indiquent les deux syndicats dans leur appel à la grève du zèle. Ils demandent à leurs membres d’observer des «contrôles d’opportunité et d’initiative» ou de mener des «opérations de contrôle d’envergure avec tous les collègues désireux d’y participer», et ce entre 6 h 30 et 8 h 30.

Certaines zones bruxelloises ainsi que celles d’Andenne, Arlon et Hasselt notamment seront très engagées dans les actions.

«Comme il y a quelques années, nous organiserons des contrôles pointilleux et des actions d’excès de zèle sur les grands axes», avait commenté samedi dernier le vice-président du SLFP Police, Vincent Houssin.

L’objectif des syndicats policiers «n’est pas de verbaliser les citoyens mais bien de les sensibiliser à notre souci d’offrir un service public de qualité», souligne M. Bellin. Concrètement, les automobilistes peuvent s’attendre à des contrôles de carte d’identité, des papiers de voiture ou encore des alcootests.

Les agents entendent exprimer leur mécontentement contre les nombreuses modifications de leur statut (salaire, procédure disciplinaire, etc.), la charge de travail supplémentaire associée aux migrants en transit et la violence exercée contre les agents. À cet égard, ils plaident pour infliger une peine maximale aux auteurs d’agressions policières.

La CSC s’est jointe au mouvement tandis que la CGSP a décliné l’invitation.