BELGIQUE

Le directeur de l’ex-OWD soupçonné de prise d’intérêt

Le directeur de l’ex-OWD soupçonné de prise d’intérêt

Le responsable du département wallon Sols et Déchets a déjà été dans l’œil du cyclone il y a 2 ans. -

Des perquisitions ont été menées à la Région wallonne, au cabinet d’Alain Ghodsi, directeur de la politique de l’Environnement.

Les enquêteurs de l’Office Central de la Répression de la Corruption ont débarqué à la Région wallonne, ce jeudi, perquisitionnant un cabinet bien précis du SPW Environnement. C’est effectivement Alain Ghodsi, le directeur de la Politique de l’Environnement, qui était dans la ligne de mire du parquet de Charleroi et de la juge d’instruction Pichuèque. Le fonctionnaire est en effet soupçonné, à tout le moins, de prise d’intérêts.

L’intéressé, dont le service est notamment chargé d’octroyer des dérogations à des sites de valorisation des déchets, est lui-même administrateur d’une entreprise de recyclage basée à Farciennes. Les enquêteurs le soupçonnent donc d’avoir favorisé cette société à la tête de laquelle il a placé sa compagne, une jeune femme d’origine russe qui ne disposerait pas des compétences nécessaires pour gérer celle-ci.

D’autres perquisitions ont été menées conjointement au domicile d’Alain Ghodsi, à Woluwé-Saint-Lambert, ainsi que sur les deux sites de la société, à Farciennes et à Genk. Privé de liberté, le directeur de la Politique de l’Environnement a été entendu par les enquêteurs ce jeudi soir. Il sera déféré devant la juge d’instruction Pichuèque ce vendredi qui décidera s’il y a lieu de l’inculper. A ce stade, le fonctionnaire est toujours présumé innocent. Le parquet de Charleroi donnera toutefois des précisions ce vendredi sur les charges qui pèsent contre l’intéressé.

Déjà épinglé dans les affaires «Office Wallon des déchets»

L’homme avait déjà été épinglé dans les colonnes de l’Avenir pour son rôle trouble, en mars 2016, dans un dossier de dépôt illégal de terres polluées à Sambreville. En 2010, ce tas de sable d’environ 15.000 tonnes et contaminé au chrome IV avait été découvert en bord de Sambre. Il provenait des fonderies Magotteaux de Vaux-sous-Chèvremont et aurait dû être valorisé par SATEA, une filiale du groupe Wanty. Le parquet de Charleroi avait mené l’enquête et confirmé, par analyse, la toxicité de ce sable, alors que Wanty affirmait le contraire. L’Office Wallon des Déchets avait donc réclamé une taxe de 500 000 euros à Wanty… qui ne l’a jamais payée en s’appuyant sur Alain Ghodsi.

A l’époque déjà, le premier substitut Marlière s’était étonné de la position du haut fonctionnaire qui dédouanait le pollueur présumé, alors que ses propres services avaient décidé de sanctions. Bref, il se peut qu’en tirant sur le fil, les enquêteurs déroulent toute une pelote.