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LIÈGE

Philippe Roufflaer, un bon père mais très possessif à l’égard de sa femme, selon les témoins

Philippe Roufflaer, un bon père mais très possessif à l’égard de sa femme, selon les témoins

ÉdA Philippe Labeye

La personnalité de Philippe Roufflaer a été abordée ce jeudi matin devant la cour d’assises de Liège par différents témoins qui l’ont côtoyé durant sa vie. L’accusé a été décrit comme un père attentif. Mais il était aussi très possessif à l’égard de sa femme.

Les faits reprochés à Philippe Roufflaer s’étaient déroulés à Soumagne le matin du 30 décembre 2016. Philippe Roufflaer est accusé d’avoir donné la mort à ses deux filles Naora (11 ans) et Loana (8 ans) et d’avoir incendié la maison qu’il occupait avant de tenter de mettre fin à ses jours.

La personnalité de Philippe Roufflaer a été évoquée au travers des témoignages des personnes qui l’ont côtoyé au quotidien. Ses belles-filles, demi-sœurs des victimes nées d’une première liaison de leur mère, ont rapporté qu’elles l’avaient considéré comme un père durant leur vie commune. Philippe Roufflaer se montrait attentif envers elles. Mais à la naissance de Nora et de Loana, cette relation a changé. Philippe Roufflaer a porté plus d’attention à ses propres filles. «Naora, la plus âgée, était vraiment sa princesse», a précisé un témoin.

Philippe Roufflaer semblait avoir de l’emprise sur Vanessa, la mère de ses filles. Il lui laissait peu de liberté. Lorsqu’il a été placé en incapacité de travail, il se montrait paresseux et n’effectuait aucune tâche domestique. Son couple a été marqué par de nombreux épisodes de séparations et de réconciliations. Philippe Roufflaer était très amoureux de Vanessa. Mais il pouvait aussi se montrer manipulateur et influencer ses deux filles pour provoquer le retour de leur mère et reprendre la vie commune. Il lui arrivait de simuler des maladies ou des crises d’épilepsie pour parvenir à ses fins.

En décembre 2016, Vanessa avait signifié à Philippe Roufflaer qu’il devait quitter leur maison pour le 31 décembre. Cette injonction avait jeté un froid dans la famille. Selon les demi-sœurs des victimes, Naora et Loana ont été tuées dans une logique de suicide collectif. Si elle avait été présente au moment des faits, leur mère aurait aussi été tuée.

Les demi-sœurs des deux victimes ont diffusé lors de leur témoignage des photos et des vidéos montrant Naora et Loana à différentes périodes de leur vie. Ces jeunes femmes entretenaient un lien fort avec les deux victimes. «Elles ne se considéraient pas comme des demi-sœurs. Elles étaient de vraies sœurs. Quand le couple s’est déchiré, les deux filles plus âgées étaient prêtes à aider les deux plus jeunes et à les prendre en charge», a indiqué un témoin.

Selon les témoins, Naora et Loana étaient des fillettes adorables et attentionnées. «Elles étaient pleines d’amour et de vie», a indiqué un ex-compagnon de leur mère.