LIÈGE

Préavis de grève chez les pompiers de Huy et Liège: la hiérarchie soutient ses hommes

Préavis de grève chez les pompiers de Huy et Liège: la hiérarchie soutient ses hommes

Des delegues syndicaux des casernes de Huy et Liege avec Eric Labourdette (au centre). BELGAONTHESPOT

Les pompiers de la zone de secours Hemeco (Hesbaye-Meuse-Condroz) et de Liège ont déposé un préavis de grève à la suite de l’assemblée générale qui s’est tenue mardi soir au sein de la caserne de Huy.

Les hommes du feu entendent ainsi dénoncer le manque d’effectifs constant qui engendre des problèmes de sécurité tant pour eux-mêmes que pour la population. Le commandant de la zone comprend, en partie, ses hommes. En cause, selon lui, la taille lilliputienne des zones de secours.

Le manque d’effectifs engendre non seulement des problèmes de sécurité pour les pompiers mais également pour la population. «Quand on est appelés sur une intervention, on envoie théoriquement une pompe complète avec six hommes sur place: un chauffeur, un gradé et deux binômes de pompiers. C’est ce que prévoit la loi. Sauf que bien souvent seuls quatre hommes sont envoyés. Dans ce cas-là on appelle en renfort une seconde pompe d’une autre caserne pour nous venir en aide. Mais vu le manque d’effectifs, ces renforts n’arrivent généralement pas. Un manque de sécurité criant pour les hommes sur place mais aussi pour la population. Ce sont des vies qui sont en jeu», déplore Peter Vandenberk, délégué permanent au SLFP (Syndicat Libre de la Fonction Publique).

Pour faire tourner les gardes, il est impératif que les pompiers prestent des heures supplémentaires, sans quoi les services de secours de la zone seraient à l’arrêt. «La politique du bien-être est inexistante sur la zone. En cas d’accident majeur, l’autorité politique est civilement et pénalement responsable. Une inspection a d’ailleurs été menée. Conséquence: la zone fait actuellement l’objet d’une poursuite judiciaire», ajoute le délégué syndical.

Le commandant de la zone, Stéphane Bouquette, tente de son côté de calmer ses hommes en expliquant les démarches mises en œuvres pour que leurs conditions de travail soient plus favorables. Tout irait mieux avec la création d’une seule zone par province, estime-t-il.

«La réforme a été faite pour des grandes zones avec des postes qui doivent s’aider entre eux. Ce que mes hommes dénoncent au niveau local, je peux l’entendre, mais si les zones étaient plus grandes, on ne se poserait même pas la question. Une étude a démontré qu’un système monozonal optimalisait les ressources.»

Pour les ambulances, la zone a conclu une convention avec la Croix-Rouge au mois d’août. «Les autorités politiques m’ont dit qu’il fallait trouver une solution, pour faire tourner la deuxième ambulance. C’est une solution à court terme. Nous avons recruté 20 volontaires mais ils sont toujours en cours de formation. À moyen ou à long terme, après l’intégration du nouveau personnel, le politique devra se positionner sur sa volonté de poursuivre cette convention ou pas», poursuit M. Bouquette.

Lors de l’assemblée générale, des pompiers ont demandé à voir les rapports des concertations entre syndicats et direction, une demande qui réjouit le commandant. «On travaille sur des dossiers bien compliqués pour le moment dont le personnel n’a pas connaissance. Il faudrait qu’on puisse discuter calmement et trouver des solutions ensemble pour avancer», conclut Stéphane Bouquette. Quoi qu’il en soit, la mobilisation est forte et la pression sur le politique est plus que jamais maintenue à l’approche des élections.