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LIÈGE

Affaire Roufflaer: «Il disait qu’il voulait me tuer», déclare la mère des fillettes

Affaire Roufflaer: «Il disait qu’il voulait me tuer», déclare la mère des fillettes

BELGA

L’ex-épouse de Philippe Roufflaer, mère des deux fillettes tuées par l’accusé, a été entendue mercredi au procès devant la cour d’assises de Liège. Selon elle, Philippe Roufflaer avait décidé de la tuer elle aussi.

Les faits reprochés à Philippe Roufflaer (42 ans) s’étaient déroulés à Soumagne le 30 décembre 2016 au matin. L’homme est accusé d’avoir donné la mort à ses deux filles et d’avoir incendié la maison qu’il occupait avant de tenter de mettre fin à ses jours.

Interrogée longuement mercredi après-midi, son ex-épouse a détaillé les circonstances de leur rencontre et plusieurs épisodes de leur vie commune. Selon la mère des victimes, Philippe Roufflaer s’est montré possessif à son égard. La dame a rapporté qu’il l’isolait, la coupait du monde et ne lui permettait pas d’avoir une vie sociale ou des contacts avec des amies.

Naora et Loana sont nées par fécondation in vitro. Philippe Roufflaer promettait à son épouse une vie meilleure mais l’éclaircie n’est jamais venue. Après avoir travaillé à l’usine, il a bénéficié d’allocations de la mutuelle. Ses habitudes étaient alors de boire du whisky tôt dans la journée, de consommer des médicaments (Valtran, Lorazepam et Alprazolam) et de dormir beaucoup.

Philippe Roufflaer avait déjà manifesté l’idée de tuer la mère de ses filles en 2012 et lui avait placé une arme sur la tête lors d’une rupture. «Il disait qu’il voulait me tuer, puis aller chercher les deux filles à l’école, les tuer aussi et se suicider. Il disait qu’il ne pouvait pas vivre sans nous», a précisé la mère des victimes.

Après une séparation, cette dernière s’était prostituée pour subvenir à ses besoins. Elle émargeait au CPAS et avait bénéficié d’un héritage mais Philippe Roufflaer l’avait dénoncée. L’accusé avait aussi manœuvré pour obtenir la garde de ses filles. «Je revenais auprès de lui pour les filles. Mais il avait monté la plus âgée contre moi. Il me faisait passer pour la mauvaise alors que je m’occupais aussi de lui.»

L’ex-épouse de Philippe Roufflaer est également revenue sur les derniers moments vécus avec ses filles avant leur décès. «Avant que je ne parte, elles m’ont fait un gros câlin. Elles m’ont dit qu’elles allaient me faire un dessin. Elles m’ont accompagnée à la porte avant de rentrer faire signe à la fenêtre et envoyer un bisou. C’est la dernière fois que je les ai vues», a-t-elle raconté.

La dame a encore précisé qu’elle avait promis à ses filles de rentrer vers 8 h 00 mais qu’elle n’avait pas pu honorer cette promesse. Selon elle, Philippe Roufflaer avait prévu de la tuer elle aussi. «Je suis sûre qu’il voulait s’en prendre à moi. Il a mis le feu une heure après l’heure prévue de mon retour. Normalement, j’aurais dû être là.»

Si l’accusé a avoué les faits au début de son procès, c’est parce qu’il est au pied du mur, estime-t-elle. «Il n’a pas le choix. Mais dire qu’il ne se souvient pas est une stratégie pour minimiser ce qu’il a commis. Ses aveux ne provoquent aucun soulagement. Rien ne me rendra mes deux filles. Jamais ne n’aurais imaginé qu’il aurait pu toucher ses enfants. Je n’ai jamais pris ses menaces au sérieux», a encore ajouté la mère des victimes.

Le procès reprendra jeudi avec les auditions d’autres témoins.