PSYCHO

Phobie scolaire: mon enfant ne veut plus aller à l’école

Phobie scolaire: mon enfant ne veut plus aller à l’école

Au moment de se rendre à l’école, c’est la crise: votre enfant oppose un refus catégorique. Plus qu’un caprice, il souffre peut-être de phobie scolaire. Kzenon – stock.adobe.com

Au moment de se rendre à l’école, c’est la crise: votre enfant oppose un refus catégorique. Plus qu’un caprice, il souffre peut-être de phobie scolaire.

Entre maux de ventre et crises d’angoisse répétées, le simple fait d’aller à l’école constitue une véritable épreuve pour votre enfant. Et s’il souffrait de phobie scolaire? Contrairement aux idées reçues, celle-ci ne s’apparente pas à un caprice et doit être prise au sérieux.

«Dans la littérature, on parle de refus scolaire anxieux plutôt que de phobie scolaire. Il s’agit d’enfants ou d’adolescents qui ne parviennent pas à se rendre à l’école dans un contexte de détresse émotionnelle», détaille le docteur Mouna Al Husni Al Keilani, pédopsychiatre et cheffe de clinique adjointe à l’hôpital des enfants Reine Fabiola. Au moment de se rendre à l’école, votre enfant s’agite, le refus est catégorique. «Il y a aussi toutes les manifestations somatiques: l’enfant peut avoir mal au ventre, mal à la tête.»

Trouver le juste équilibre

Phobie ou caprice? En tant que parent, il n’est pas toujours évident de faire la part des choses. Il s’agit donc d’analyser le comportement de votre enfant, sans attendre trop longtemps avant de réagir. «L’école est obligatoire, donc dans un premier temps, je pense qu’il faut maintenir sa position. Mais il est inutile d’être trop ferme avec les enfants et les adolescents. On ne peut pas les traîner de force, ça ne fonctionne pas non plus.»

L’idée est donc d’essayer de trouver un juste équilibre entre la règle et la manière de la faire respecter. «Mais si, malgré une fermeté éducative, l’enfant refuse d’aller à l’école, il faut consulter un psychologue ou un pédopsychiatre pour comprendre ce qui se passe.»

Un absentéisme de plusieurs jours ou de plusieurs semaines est déjà interpellant. L’objectif sera, dès lors, d’identifier les facteurs de stress liés à l’école: harcèlement scolaire ou difficultés d’apprentissage peuvent, entre autres, favoriser le refus scolaire anxieux. Cette identification sera essentielle pour tenter de régler ces problèmes, le plus vite possible.

Des angoisses de séparation

L’angoisse de séparation est l’une des principales raisons qui expliquent la phobie scolaire. Celle-ci connaît plusieurs pics, durant l’enfance et l’adolescence.

Les raisons qui mènent à la phobie scolaire sont évidemment multiples. Mais selon le docteur Al Husni Al Keilani, les troubles anxieux, et principalement les angoisses de séparation, sont prédominants. Se séparer des parents peut en effet être très mal vécu par l’enfant ou l’adolescent.

Schématiquement, il existe trois pics dans la phobie scolaire. Chez les plus petits, il se manifeste vers 5-6 ans, au moment de l’entrée à l’école primaire. Le second pic intervient vers 10-11 ans à la préadolescence, et le troisième à 13-14 ans, à l’adolescence. La phobie scolaire chez les 10-11 ans peut sembler moins évidente, mais il s’agit pourtant d’une période charnière.

«Ce sont les prémices des modifications hormonales et corporelles. C’est aussi l’annonce de l’arrivée à l’école secondaire. Ce sont des périodes durant lesquelles il y a beaucoup de choses qui se jouent en termes de séparation.» Outre les angoisses de séparation, d’autres troubles anxieux existent, tels que la phobie sociale (troubles relationnels) ou les états dépressifs.

Pas une fatalité

Ces épisodes de phobie scolaire sont douloureux pour l’enfant. Dès lors, gardera-t-il toujours une appréhension à l’égard de l’école? «Il n’y a rien de systématique, répond Mouna Al Husni Al Keilani. Certains enfants vont faire un épisode de refus scolaire à l’école maternelle et n’auront plus de problèmes par la suite.» Tout dépend, bien souvent, de la manière dont les parents, mais aussi l’école, ont réagi à cette problématique.