ASSISES DE LIÈGE

Les filles de Philippe Roufflaer avaient tenté de se défendre

Les filles de Philippe Roufflaer avaient tenté de se défendre

Philippe Roufflaer est accusé d’avoir commis les assassinats de ses deux filles. BELGA

Le procès de Philippe Roufflaer a débuté lundi devant la cour d’assises de Liège. L’avocat général Marianne Lejeune a procédé à la lecture de l’acte d’accusation. Les résultats des autopsies y ont été dévoilés. Les deux filles ont tenté de se défendre lorsqu’elles avaient été attaquées dans leur sommeil.

Les faits reprochés à Philippe Roufflaer se sont déroulés à Soumagne le matin du 30 décembre 2016. Philippe Roufflaer est accusé d’avoir donné la mort à ses deux filles et d’avoir incendié la maison qu’il occupait avant de tenter de mettre fin à ses jours. Les pompiers ont découvert, dans une pièce dans laquelle Philippe Roufflaer s’était enfermé, les cadavres de ses deux filles, Naora (11 ans) et Loana (8 ans).

Lors de l’ouverture du procès, l’avocat général Marianne Lejeune a procédé à la lecture de l’acte d’accusation de 55 pages. Cette présentation du dossier par le ministère public a révélé aux jurés les circonstances dans lesquelles les filles de l’accusé ont été tuées. Selon les analyses toxicologiques réalisées, les deux fillettes ont préalablement été endormies à l’aide de médicaments. Elles ont ensuite été surprises dans leur sommeil par leur agresseur. Naora a été égorgée et Loana étranglée à l’aide d’une corde.

À l’arrivée des secours, les intervenants ont directement constaté le décès de Loana, sur laquelle les rigidités cadavériques étaient déjà installées. Sur son avant-bras gauche, l’enfant portait la trace de deux morsures d’adulte qui démontreraient qu’elle avait tenté de repousser son agresseur avant d’être mordue. Elle présentait aussi des ecchymoses sur l’avant-bras.

Le corps de Naora présentait des blessures d’une gravité telle qu’aucun geste de premiers secours n’a pu être posé. Le médecin légiste a constaté un égorgement important avec la rupture de l’ensemble des muscles de la gorge, de l’œsophage, de la trachée et des gros vaisseaux présents dans le cou. L’égorgement a été réalisé en s’y prenant à plusieurs reprises et a même causé une entaille dans la colonne cervicale. Naora présentait à la main droite trois coupures à la face interne du pouce, du majeur et de l’annulaire, qualifiées de plaies de défense par le médecin légiste.

Parmi les éléments qui peuvent attester de la préméditation des faits reprochés à Philippe Roufflaer, l’avocat général a relevé une lettre rédigée en 2012 dans laquelle il évoquait un scénario pratiquement identique aux faits commis le 30 décembre 2016. Dans ce courrier adressé à son père, Philippe Roufflaer évoquait déjà son suicide, le fait qu’il était mauvais perdant et aimait avoir le dernier mot, sa décision d’emporter tout le monde avec lui et sa volonté d’être enterré avec sa femme et ses filles. «Je ne suis expert que dans le mal», avait-il précisé dans cette lettre.