ORCQ

Le Tournai d’avant: 1918 à Orcq, au cœur des duels

Orcq, un bourg tranquille, connu pour ses cultures vivrières et ses propriétés bourgeoises, voit son quotidien totalement dégradé lors de chaque conflit, particulièrement en octobre et novembre 1918.

La grande et ultime offensive des troupes de Guillaume II a avorté et elles refluent vers une ligne de défense, la Hindenburg, où elles comptent se réorganiser. Pour ce faire, il faut garder intactes les lignes de retraite et c’est pourquoi les 4e, 6e et 17e armées allemandes se sont solidement ancrées sur la rive gauche de l’Escaut, protégeant ainsi les ponts d’Antoing et Tournai.

De leur côté, les Britanniques avec le 11er Corps ont atteint l’Escaut au Nord de la ville, leurs 1er et 3e Corps se formant sur une ligne Marquain-Rumes-Howardries. Mais, dès le 23 octobre, la guerre de mouvement n’a plus cours, ces positions se figent.

La tactique des deux belligérants se base sur les duels d’artillerie, les pièces tirent sur des objectifs qui ne sont pas toujours, loin de là, militaires, se concentrant sur les parcs, les places, les grandes demeures disséminées tant en ville qu’à la campagne, semant la mort et la destruction.

À Orcq, l’activité est un peu plus importante que dans d’autres villages entourant Tournai. Les Allemands, manquant d’hommes mais non d’armement, y ont concentré de très nombreux nids de mitrailleuses, afin sans doute d’empêcher toute intrusion ennemie par la grand-route Lille-Tournai. C’est ainsi qu’en plus des obus tirés par leurs pièces lourdes, des canons de marine tirés par tracteurs, les fantassins de la 74e Division opéreront en coups de main sporadiques afin de neutraliser ces points de résistance.

Face à ce déferlement, les Britanniques ordonnent l’évacuation du village dès le 24.

La situation n’évolue en rien jusqu’au 7 novembre, date à laquelle les troupes allemandes se retirent sur la rive droite de l’Escaut qu’elles abandonnent le lendemain. Ce jour-là, Orcq exulte, libérée.

Des victimes? Oui, c’est inévitable dans de telles circonstances même s’il faut admettre qu’il n’y eût pas de véritables batailles telles qu’à Verdun ou en Somme. Ils sont seize Britanniques à être tombés à Orcq, dont huit le 23 octobre. C’est à eux ainsi qu’à la mémoire de tous leurs compagnons de combat que s’adresse l’hommage qui sera rendu ce 20 octobre dès 10 h.