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Soupçons de corruption à l’administration de l’aéronautique

Soupçons de corruption à l’administration de l’aéronautique

- Illustration Belga

Des soupçons de conflit d’intérêts pèsent sur l’ancien patron de la DGTA, qui était également à la tête de l’Institut européen de formation sur la sûreté aérienne (EASTI). Un audit va dans ce sens.

L’affaire avait été dénoncée en 2014 par un responsable syndical. Elle concerne Franck Durinckx. Lorsqu’il était directeur général de la DGTA, poste qu’il a quitté en 2015, ce dernier aurait utilisé un compte privé pour gérer l’EASTI. Il est question d’une confusion dans la gestion des fonds publics (au moins 500.000 euros) mis à la disposition de l’Institut.

La justice a classé l’affaire sans suite pour insuffisance de preuves. Mais un audit mené par le service d’audit interne fédéral, à la demande du SPF Mobilité et Transport, est tombé la semaine dernière et conclut à des éléments assez graves. Ceux-ci ont conduit à une dénonciation à l’Office central pour la répression de la corruption, qui doit désormais se pencher sur le dossier.

«Suite à diverses informations qui lui ont été transmises par plusieurs personnes, le ministre s’est inquiété de la situation à l’EASTI», indique un communiqué du ministre de la Mobilité François Bellot. «Dans la foulée, le cabinet a posé des questions à la DGTA sans jamais avoir de réponse et ce durant plusieurs mois.

Par conséquent, le ministre a ensuite exigé, en concertation avec le Président du SPF, que celui-ci introduise une demande officielle au Service d’audit interne fédéral (FAI) pour réaliser un audit de type forensic (vérification de la légalité d’une situation, des actes posés,…). Cet audit a été réalisé et le cabinet a été informé des conclusions très récemment.

Tenant compte de la gravité des éléments et de la récurrence des indices relevés, le cabinet du ministre n’a eu d’autres choix que de porter ces éléments à la connaissance de l’OCRC (Office Central pour la Répression de la Corruption) comme le Service d’audit interne fédéral le recommandait également.

On ne peut préjuger des suites qui seront réservées à ces informations et, vu la tournure judiciaire possible, le Ministre ne fera pas d’autres déclarations sur ce dossier pour laisser la justice faire son travail.»