HUY

PHOTOS | L’art dans le dédale des tabous

L’expo urbaine Dédale est visible dans les rues et au centre culturel de Huy. Les tabous y seront exposés au grand jour jusqu’au 14 octobre.

Viol, salope, juif, masturbation, mort… À cause de ces mots, l’exposition Dédale faisait parler d’elle avant même son lancement. Vendredi, elle était inaugurée au centre culturel de Huy. La thématique de cette édition? Les tabous, justement. Dans le dédale urbain de la cité mosane, une dizaine d’artistes exposent, au vu et au su de tous, un certain nombre de leurs travaux sur cette thématique, vraisemblablement sensible. Amateurs d’art et autres curieux peuvent s’élancer sur les pas du non-dit, et jouer le jeu de l’art en se confrontant, peut-être, à leurs propres tabous. L’exposition sera à voir jusqu’au 14 octobre.

Parmi les artistes, Charlotte Kinon (rue des Augustins) et ses scènes de vie incestueuses; le totem girouette de Luc Navet (rue du Pont), évocateur des courants économiques et politiques dominants du XXe siècle, toujours actuelles; les visions architecturales de Nœma (en divers lieux), entreprise axée sur l’innovation urbanistique mais aussi Benoît Félix (parc Henrion) et son drapeau national du ciel, «où il questionne les concepts de frontière et de nationalité», précise Julie Maréchal, programmatrice Art plastique. Sans oublier Unxposed (centre culturel), l’exposition témoin des censures sur les réseaux sociaux par des «modérateurs radicaux» et autres robots censeurs. Mais aussi Marion Fabien (Rue Saint-pierre), Zoé Byloos (rue des Augustins) et François Huon (parc Vierset Godin-Parnajon).

Et bien sûr, les plaques d’immatriculation d’Emmanuel Dundic, gagnant du prix Bolly-Charlier en mai dernier. Celles-ci n’ont pas manqué de faire réagir l’opinion publique. Elles se sont d’ailleurs repliées dans le hall d’entrée du centre culturel hutois. Et que l’on aime ou pas la démarche d’Emmanuel Dundic, la démonstration de censure offerte par la ville de Huy avant même l’ouverture officielle de l’exposition aurait pu faire partie de la démarche elle-même, tant elle est symptomatique de ces tabous qui entravent toujours plus la société humaine. En répondant aux tabous par la censure, la Ville a finalement donné à cette exposition une visibilité toute choisie pour mener à bien cette réflexion dont la culture est garante. Ceci pour étancher une poignée d’individus qui se froissent de mots comme viole, salope, juif, masturbation, mort…

La conférence «L’image empêchée» de Jean-Marc Chapa aura lieu le 11 octobre à 19h30, au centre culturel de Huy.

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