TOURNAI

Le Tournai d’avant: qui se souvient de la chapelle du Sacré-Cœur?

Ce dimanche 30 mai 1926, la foule s’agglutine le long de la chaussée de Renaix. Un cortège, fort de quarante-trois groupes religieux, scolaires, de congrégations et d’autorités civiles, progresse vers l’église du Sacré-Cœur.

Ce sanctuaire, dont les autels sont bénits en 1893, a trouvé sa justification dans la mouvance de la vénération au Sacré-Cœur. Un culte qui, bien que très ancien, se répandit avec une densité rare en chrétienté après les apparitions, en 1673 et 1675, de Jésus à Marguerite-Marie Alacoque.

Cela se passe à Paray-le-Monial, aujourd’hui encore centre actif de pèlerinages et c’est vers la réplique d’un sanctuaire de là-bas, élevé près de la basilique, que se dirige la foule.

Le monument qui sera béni par l’évêque Gaston Antoine Rasseneur est dû l’architecte Alphonse Dufour (1873-1953) et se dresse à l’arrière de l’église. Élégance et sveltesse du style, visibilité parfaite de la statue centrale du Sacré-Cœur, reproduction dans la statuaire du sommet ou sur les consoles d’angles de personnage liés au Christ en fait un très apprécié lieu de recueillement.

Il en sera bien ainsi, il y aura de grandes fêtes, des processions, des temps de prières, succédant ainsi à l’église proche qui accueillait dans les années vingt, plus de 20 000 pèlerins.

Ce temps de grâce ne dura guère. Après la seconde guerre mondiale, les mutations de la société engagèrent le processus de déchristianisation et le monument au Sacré-Cœur fut peu à peu abandonné. Il y eut bien, ici et là, quelques timides essais pour le restaurer mais la tâche s’avéra très et trop lourde financièrement. Nos clichés de 2004 démontrent une dégradation déjà irrémédiable.

Vers 2000, il fut rasé et il semble bien que nul vestige n’en a été conservé.