Cecil Boyd: le soldat inconnu de Jurbise

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À l’heure actuelle, le nom de Cecil Boyd, héros de la Grande Guerre mort à Jurbise, est totalement ignoré des Jurbisiens. Aucune plaque, aucun nom de rue ne mentionnent cet homme.

Pourtant, c’est à Jurbise que ce jeune sud-africain est «tombé au champ d’honneur» le 5 novembre 1918. Afin que son nom ne tombe définitivement dans l’oubli, Pierre Muller a décidé d’effectuer des recherches le concernant en Belgique et à l’étranger.

«Cecil Boyd est né en 1890 à Durban, en Afrique du sud. De 1913 à 1917, il travaille dans une entreprise de sa ville. En avril de cette année-là, il quitte son pays et ses parents, Charles et Mary pour “répondre à l’appel de l’Empire britannique”. En août de la même année, il arrive en Angleterre. En septembre, il intègre l’école centrale de pilotage d’Upavon. Le 14 janvier 1918, il est muté à l’école de combat de Ruislip, près de Londres. Il y apprend les techniques de combat aérien. Le 19 février 1918, Cecil Boyd est breveté pilote sur un avion de type Maurice Farman. Après cette formation, le pilote sud-africain rejoint le 95ème escadron du Royal Flying Corps (RFC). Cet escadron d’entraînement est dissous en juillet 1918.»

«Après un bref passage en école de perfectionnement au combat aérien, Cecil Boyd rejoint en août 1918 la France et le 19e escadron de la Royal Air Force. Il est alors sous-lieutenant. Fondée en 1915, cette unité vole en octobre-novembre 1918 sur des biplans Sopwith 5F.1 Dolphin. Ces avions de chasse sont armés de deux mitrailleuses. Cecil Boyd ne verra pas la fin de la guerre. Le 30 octobre 1918, il décolle de l’aérodrome d’Abscon, près de Valenciennes. Avec huit de ses camarades, il doit escorter des bombardiers DH9 de l’escadron 98 qui mènent une mission de bombardement au-dessus de la région de Mons. L’objectif vraisemblable de cette attaque est l’aérodrome de campagne allemand de Jurbise, situé au lieu-dit “Garde couture de Jurbise”. Selon les sources britanniques, la formation est attaquée sur le chemin du retour par une trentaine d’avions allemands. Onze avions allemands sont abattus, mais cinq Dolphins et quatre bombardiers DH9 ne rentrent pas à leur base. Trois des cinq pilotes de Dolphins perdus sont indemnes. Cecil Boyd est l’un des deux pilotes de chasse «portés disparu». Abattu au-dessus de Jurbise, son avion tombe près de la ferme Delhaye. Malgré des blessures importantes, il survit au crash et est soigné dans le poste de secours 202 de l’armée allemande, situé dans les locaux de l’école des sœurs de Jurbise. Hélas, le 5 novembre, il meurt d’une insuffisance cardiaque due à une perte trop importante de sang. Les Allemands l’enterrent à côté de l’église de Jurbise, là où se trouve l’actuel monument aux morts.»

«Après la guerre, quelques hommages sont rendus au pilote Sud-Africain dont le nom exact demeure alors inconnu. Son nom a été mal orthographié à l’Administration communale de Jurbise. Ce n’est que quelques années plus tard que son véritable nom est découvert, grâce au concours des autorités britanniques. Le 24 février 1958, sa dépouille est exhumée et transférée au cimetière de Langemark, en Flandre occidentale. Elle s’y trouve toujours.»