LIÈGE

Trois examens en un jour pour cet étudiant: «Je suis condamné à rater»

Trois examens en un jour pour cet étudiant: «Je suis condamné à rater»

Un étudiant de HEC Liège doit présenter trois examens le même jour. Son cas demeure exceptionnel, mais illustre bien le paysage universitaire tel qu’il évolue. Reporters/STG (illustration)

Un étudiant de HEC Liège s’étonne de l’horaire d’examens qui lui est imposé: trois épreuves le même jour, c’est l’échec assuré. Une telle situation reste exceptionnelle, assure-t-on auprès de l’école. La gestion des horaires s’avère néanmoins de plus en plus complexe.

Passer trois examens – et non des moindres – durant la même journée? C’est mission impossible, pour cet étudiant de HEC Liège, qui estime qu’il est victime d’une erreur de gestion des horaires de la part de son école. «Avec la canicule, étudier n’a déjà pas été évident. Alors si en plus on nous met tous les examens en même temps, je suis condamné à rater», témoigne-t-il, regrettant que son école n’instaure pas de meilleures conditions.

Voici la situation de cet étudiant: son horaire d’examens lui imposait de présenter trois épreuves durant une seule après-midi, en cette fin de mois d’août. «En fait, ce sont deux cours, dont un est divisé en deux épreuves», précise-t-il. Un des cours figure au programme du master 1 en sciences gestion et l’autre, au programme du master 2.

L’étudiant, qui n’est pas le seul dans le cas, a contacté son école, en particulier l’apparitorat, service chargé d’orchestrer les horaires. «On m’a répondu sèchement que cette anomalie est due au décret de Bologne, que HEC ne peut rien y faire», explique-t-il.

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Être enfermé de 9 h à 17 h dans ce bâtiment pour passer trois examens aussi compliqués, c’est infernal!

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Un premier arrangement a tout de même pu être trouvé: un des deux examens a été avancé à la matinée. «De 9 h à 12 h, nous passerons le premier examen. Après quoi, nous serons enfermés et surveillés jusqu’à 13 h dans un local, pour éviter tout contact avec les étudiants qui passent cet examen l’après-midi. Les autres examens se tiendront de 13 h à 17 h.» Et l’étudiant de redouter cette journée: «Être enfermé de 9 h à 17 h dans ce bâtiment pour passer trois examens aussi compliqués, c’est infernal!»

Le casse-tête des horaires

La problématique des horaires de cours et d’examens peut s’avérer extrêmement complexe, singulièrement depuis l’entrée en vigueur du décret Paysage. De l’avis de nos interlocuteurs, ce texte comporte de nombreux avantages pour les étudiants. Mais il rend aussi possibles de telles superpositions d’horaires.

«Auparavant, à l’époque des candidatures et des licences, on progressait dans ses études année par année», rappelle Michaël Schyns, directeur académique pour les études au sein de HEC. C’était un autre temps. De plus en plus, le programme des études se compose pratiquement à la carte. La notion des «années d’études» a disparu au profit des «blocs». «On se spécialise, on affine sa formation, on sélectionne des options», résume Didier Moreau, responsable de la communication de l’université de Liège (ULiège).

Des études à la carte

Par conséquent, les grilles horaires se personnalisent, les paramètres à prendre en compte pour la réalisation des programmes se multiplient. «On se retrouve parfois dans des cours où cinq ou six facultés sont représentées», poursuit Didier Moreau. Tant pour les cours que pour les examens, éviter de voir les horaires se chevaucher s’avère parfois impossible. Les autorités académiques avertissent d’ailleurs volontiers les étudiants: la liberté dont ils jouissent implique des contraintes potentielles.

«Très concrètement, un cycle d’études comporte trois années. Au HEC, la plupart de nos cours correspondent à 5 crédits. Il en faut 60 sur un cycle, donc il y a grosso modo 36 cours à suivre sur trois années, résume Michaël Schyns. Une session d’examens dure quatre ou cinq semaines (de cinq jours). C’est mathématiquement inévitable: il y a parfois plusieurs examens organisés le même jour.»

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C’est mathématiquement inévitable: il y a parfois plusieurs examens organisés le même jour.

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Pour les étudiants qui suivent des cours de différents blocs durant la même année, la possibilité existe donc de voir les cours – a fortiori les examens – se chevaucher. «Souvent, cette situation arrive même lorsqu’un étudiant suit des cours de trois blocs différents, par exemple master 0 (année préparatoire), master 1 et master 2», constate Michaël Schyns, qui assure que les cas restent néanmoins exceptionnels. «Nous avons 2 700 étudiants HEC, donc ce n’est pas simple. Nous garantissons aux étudiants qui suivent les cours d’un seul bloc qu’il n’y aura pas de conflits d’horaires. Et pour les autres, dans l’immense majorité des cas, nous trouvons des solutions.»

Le directeur académique pour les études invite en tout cas les étudiants concernés par des conflits d’horaires à s’adresser à leur faculté. «Au HEC, nous cherchons toujours une solution, dans la mesure où c’est techniquement possible», tient-il à préciser. Il préconise également et dans la mesure du possible l’organisation des études bloc après bloc, en évitant un panachage excessif à l’intérieur du programme.

L’informatique au service des horaires

Depuis belle lurette, bien avant l’apparition des décrets de Bologne et Paysage, l’outil informatique est au service de la planification des horaires. Au sein de HEC Liège, «nous sommes très avancés puisqu’en tant qu’informaticien, j’ai moi-même mis en place un logiciel informatique pour gérer ces problèmes».

A plus long terme, c’est un nouveau logiciel qui va prendre place au sein de toutes les facultés de l’ULiège, donc fait partie HEC Liège. Cet outil baptisé CELCAT est en cours de réalisation. «Il sera implémenté à partir de l’année académique qui arrive, mais progressivement. Le processus prendra plusieurs années», explique Didier Moreau.

Avec ses quatre campus, ses onze facultés et ses 24 000 étudiants, on imagine à quel point l’Université de Liège doit se creuser les méninges pour croiser tous les paramètres. «C’est vraiment complexe, un travail colossal», admet-il d’ailleurs.

À terme, l’outil permettra de gérer l’attribution des locaux, donc les horaires des cours et des examens. Il devra être accessible tant pour le personnel que les étudiants et les professeurs de l’institution.