OGY

P. Delcourt: un nouveau cas de maltraitance animale?

Des riverains signalent un nouveau cas de maltraitance animale dans la ferme détenue par Pascal Delcourt. Trois chevaux les inquiètent.

Des habitants d’Ogy s’inquiètent de l’apparence de trois chevaux, détenus dans la ferme de Pascal Delcourt, déjà bien connu de la justice pour des faits de maltraitance animale.

L’association de protection animale «Animaux en Péril» est sur le coup. «Cette personne est venue nous faire part de ses inquiétudes, indique Jean-Marc Montegnies, le président de l’association. Comme il est possible de le faire depuis le 1er juillet, nous lui avons conseillé d’alerter le bourgmestre de Lessines, afin qu’il demande que les animaux soient saisis.» En effet, au mois de mai dernier, les refuges de Wallonie annonçaient qu’ils entraient en guerre contre l’unité de bien-être animal, suite à la volonté de l’administration d’offrir à un marchand de bestiaux des animaux saisis pour maltraitance. Ils ont obtenu gain de cause. «Cette campagne a eu des suites positives, car le ministre Carlo Di Antonio a fait passer un décret qui donne la possibilité aux bourgmestres de saisir les animaux maltraités, sans obligatoirement passer par l’unité du bien-être animal de Wallonie. Le bourgmestre peut également choisir la destination finale de l’animal; ce qui est évidemment une très bonne nouvelle pour nous.» Le bourgmestre de Lessines, Pascal De Handschutter étant absent, la plaignante a été redirigée vers son remplaçant. « Selon la plaignante, l’échevin délégué à la fonction mayorale durant l’absence du bourgmestre aurait indiqué qu’étant donné qu’une instruction judiciaire était en cours contre Pascal Delcourt, on ne pouvait rien faire. Ce qui est faux. Le bourgmestre peut décider de saisir les animaux, même si un dossier est toujours à l’instruction. »

Inquiétude, mais une urgence mesurée

Selon Jean-Marc Montegnies, « les photos des animaux sont alarmantes, mais ces chevaux ne vont pas mourir dans l’heure.» «Nous ne sommes pas dans une situation similaire à 2016. Sur les trois chevaux, l’un est maigre, l’autre est très maigre et le troisième est cachectique. L’état du dernier est plus inquiétant, mais le voir debout est rassurant.»

Pascal Delcourt est tristement célèbre dans la région. Il a déjà fait l’objet de plusieurs condamnations pour des faits du même type. En 2016, près de 50 équidés, détenus dans des conditions déplorables avaient été saisis. L’affaire est toujours à l’instruction. «Ça va faire plus de deux ans; cela devient long. On ne peut pas espérer une condamnation avant au moins un an.» L’association aimerait que le multirécidiviste soit déchu de ses droits de détenir des animaux. «Pour l’instant, dans l’état actuel de la loi, il n’y a qu’un juge qui peut prononcer une mesure d’interdiction (article 40) de détention d’animaux. Notre avocat avait déjà plaidé en ce sens en 2012, mais il n’avait pas obtenu satisfaction.» Animaux en Péril nourrit un autre espoir: celui du nouveau code wallon du bien-être animal qui devrait être voté avant la fin de l’année. «Dans ce code, on parle d’un permis de détention. Tout le monde en serait détenteur, mais le perdrait dans le cas de faits de maltraitance; ce qui équivaut à une condamnation de l’article 40. C’est une mesure idéale pour ce genre d’individu.»