TOURNAI

Le Tournai d’avant: les scouts libéraux face aux catholiques

Deuxième volet de l’histoire des scouts à Tournai: cette fois, les opposants aux scouts catholiques.

Les idées novatrices de Baden-Powell (1857-1941), fondateur du scoutisme en 1908, ont trouvé rapidement échos dans tous les milieux.

Face aux catholiques, chez les libéraux, le soutien est immédiat. En décembre 1910, les «Belgian Scouts of Belgium» naissent à Bruxelles avec l’objectif de suivre les préceptes moraux de BP, copiant uniformes et badges anglais.

À Tournai, l’initiative vient du Cercle d’Enseignement Populaire (écoles officielles ) via, le 11 mars 1912, d’une conférence sur les BSB qu’anime Pierre Graux, secrétaire du Conseil Général des BSB.

Ce jour-là, douze garçons s’investissent dans le projet de création de BSB. Le fondateur en est Hyppolite Delcourt-Vasseur, avocat, homme de lettre, plus tard directeur de l’Économie, l’opposant au Courrier de l’Escaut.

Le 12 avril suivant, la première section des BSB, dite «Les Artilleurs» voit le jour. Comme scoutmaster, l’instituteur Charles Richard (1887-1954) qui vouera sa vie au mouvement; au comité, Victor Carbonnelles, Gaston Hoyois, A. Duphénieux et autres notables.

Le local se situe à l’hôtel des Pompiers Volontaires Artilleurs, rue Saint-Martin, d’où son patronyme confirmé en mai 1912 avec son inscription en tant que 8e BSB belge; deux patrouilles, les Lions et les Tigres. Les camps rythment le quotidien, notamment celui vécu dans la propriété d’Henri Crombez à Nieuport.

La guerre 14-18 n'interrompt que momentanément l’essor des BSB ainsi qu’en témoigne leur fête du 21 juillet 1922, malheureusement engluée dans d’autres manifestations, revue des troupes, Te Deum, concerts. Elle eut lieu au terrain de football dit «des hôpitaux» (ex-Union Tournai) en présence des généraux Burguet et Mertens qui ne manquèrent pas de rendre hommage «au zèle des scouts qui se plient avec tant d’assiduité à la discipline en vue des leurs futurs devoirs militaires et civiques».

Les exercices et épreuves offerts par ces scouts eurent beaucoup de succès auprès du public qui regretta qu’une heure seulement ait été consacrée à l’exposé de ces savoir-faire.

Ces deux mouvements vont cohabiter tout en gardant leurs spécificités. Dans l’un comme dans l’autre, il est à remarquer, grâce aux documents gentiment prêtés par M. Quentin Masurelle, que les recrues sont toutes issues de la classe moyenne. Tel Hergé qui, de son séjour au jamboree de juin 1922, a laissé de jolis croquis de sa tente, du pont des Trous, de la ferme rose.