FOOTBALL

Neuer: «Özil n’a absolument pas été victime de racisme au sein de la Mannschaft»

Neuer: «Özil n’a absolument pas été victime de racisme au sein de la Mannschaft»

Reporters/DPA

Le capitaine de l’Allemagne Manuel Neuer a estimé que Mesut Özil, qui a claqué la porte de la Mannschaft en se disant victime de racisme, n’avait «absolument pas» été discriminé au sein de la sélection.

«On a beaucoup parlé (des propos d’Özil) et on a beaucoup écrit dessus. C’est évidemment un sujet qui a été très pénible pour ceux qui ont tout lu», a déclaré le portier du Bayern jeudi soir en marge d’un camp d’entraînement du Bayern Munich, selon des propos rapportés vendredi par la presse allemande.

Mesut Özil, milieu de terrain d’origine turque, n’a «absolument pas» été victime de racisme au sein de la Mannschaft. «Nous avons toujours cherché à intégrer tous les joueurs et avons tout fait pour (qu’ils) aillent jouer avec un bon esprit», a estimé le capitaine de la sélection.

Quitter la Mannschaft, «c’est la décision individuelle de chaque joueur. Il faut que chacun cherche ses propres raisons, et (Mesut Özil) les a trouvées […]. Nous acceptons naturellement cette décision», a-t-il ajouté, appelant désormais l’équipe allemande à «un nouveau départ».

«Nous devons de nouveau avoir des joueurs qui sont vraiment fiers de jouer pour l’équipe nationale et donnent tout pour jouer pour leur pays afin de retrouver la voie du succès», a ajouté Neuer.

«Préjudiciable pour l’équipe»

«Il n’est pas question de racisme dans l’équipe nationale», a renchéri vendredi l’attaquant de la Mannschaft Thomas Müller, admettant cependant que cet épisode avait été préjudiciable pour l’équipe, éliminée piteusement dès le premier tour du Mondial russe.

«Le débat a été lancé de l’extérieur mais les protagonistes n’ont certainement pas non plus joué un rôle heureux – que ce soit du côté de la Fédération ou des joueurs eux-mêmes», a déclaré Müller en marge du même camp d’entraînement.

Cette affaire est «une discussion hypocrite entretenue par les médias», a-t-il accusé, trouvant alarmant qu’un «tel sujet soit répandu avec délectation». «Et après nous nous étonnons que la société soit divisée», a-t-il lancé.

Mesut Özil, longtemps un modèle d’intégration par le sport, a essuyé des critiques très véhémentes et parfois douteuses avant et après l’élimination humiliante de l’Allemagne du Mondial en Russie.

Un Allemand quand il gagne, un immigré quand il perd

Il lui a été reproché de manquer de patriotisme en raison d’une photo prise lors d’une rencontre à Londres avec le président turc Recep Tayyip Erdogan en mai.

Excédé, Özil a fini par quitter la Mannschaft fin juillet en accusant le patron de la Fédération, Reinhart Grindel, de le considérer comme Allemand uniquement «quand nous gagnons» mais comme «un immigré quand nous perdons».

L’intéressé a rejeté ces accusations mais admis ne pas avoir suffisamment défendu le joueur.

L’affaire Özil est d’autant plus sensible que l’Allemagne connaît un essor sans précédent de l’extrême droite depuis 1945.