LIBRAMONT

Au Japon, le cheval de trait a remplacé la baleine dans les assiettes

Au Japon, le cheval de trait a remplacé la baleine dans les assiettes

Planche 2241. ÉdA Claudy Petit

Des poulains de cheval de trait prennent la direction du Japon comme substitut à la viande de baleine. Le prix de vente a même augmenté.

Du cheval de trait en guise de repas au Japon? L’évocation de cette opportunité, l’an dernier, dans le cadre de la Foire pouvait étonner. D’autant que la consommation de viande chevaline en général est devenue marginale chez nous. Mais alors que l’emblème historique de la foire de Libramont était à l’honneur ce dimanche, la tendance a été confirmée par Michel Ectors président du stud-book du cheval de trait ardennais. Il s’agit donc bien dès lors d’une nouvelle niche car le cheval de trait n’est a priori pas élevé pour sa viande. «L’an dernier, des Japonais sont venus en Europe pour se renseigner et désormais, des poulains vivants originaires d’Ardenne, de France mais aussi des poulains de Hollande – cousin de notre cheval de trait – sont exportés au Japon, explique Michel Ectors. Cela a une influence sur l’offre et la demande. Il y a un regain d’intérêt au Japon.»

La viande de cheval de trait pouvant être un substitut à la viande de baleine dont la consommation était dans les moeurs nippones mais dont la chasse est strictement réglementée. Le phénomène étant récent, aucun chiffre ne peut être totalisé pour le moment au niveau du stud-book du cheval de trait ardennais. Les achats se font, pour le moment, via des intermédiaires et transitent via la France dont la destination finale n’est pas toujours connue. Mais cette nouvelle opportunité peut expliquer certaines constatations. «Avant un éleveur pouvait hésiter à recourir aux saillies des juments car un poulain pouvait lui coûter, notamment avec les frais vétérinaires, souligne Michel Ectors. Le prix de vente du poulain est passé de 500 à 800 euros. En 2017, 439 saillies ont été totalisées pour 360 environ l’année précédente.»

Des juments croisées en Chine

Le Japon ne découvre toutefois pas complètement le trait. Même si c’est plus anecdotique, des Japonais ont acheté, voici quelques années, des chevaux pour les utiliser pour des courses de charrette. Un autre géant asiatique montre aussi de l’intérêt pour cette race bien de chez nous. En effet, des étalons de chevaux de trait ont pris la direction de la Chine pour être croisée avec des juments pour un usage agricole. «J’envisage de me rendre en Chine pour découvrir ce qu’ils y font», annonce Michel Ectors. Les marchés asiatiques sont donc perçus comme des opportunités à saisir, au même titre qu’une utilisation, dans nos régions, en ville pour des travaux de voiries.