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La Flandre interdit les chaudières à mazout: «Une décision irrationnelle»

La Flandre interdit les chaudières à mazout: «Une décision irrationnelle»

«Environ 5.000 emplois directs sont menacés». Photo News

Le gouvernement flamand a décidé d’interdire la commercialisation de nouvelles chaudières à mazout dès 2021. Une décision que déplore Brafco.

Outre un plan « emballages », le gouvernement flamand s’est accordé vendredi soir sur un plan énergie-climat. Celui-ci prévoit une série de mesures qui doivent permettre à la Flandre de relever les objectifs climatiques européens fixés à l’horizon 2030. L’exécutif table, pour ce faire, sur une baisse drastique de la consommation énergétique des bâtiments, de l’industrie et du secteur des transports ainsi que sur une hausse de la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique.

À cet égard, d’importantes décisions ont été prises, au rang desquelles l’arrêt de la commercialisation de nouvelles chaudières à mazout dès 2021 ou encore la fin du raccordement au gaz naturel des nouveaux lotissements. À compter de cette date, les pompes à chaleur et le raccordement à des réseaux de récupération de chaleur seront la norme. Jusqu’à la fin 2023 une prime de 400 euros sera accordée pour l’installation d’un boiler de pompe à chaleur.

Pour augmenter la part des énergies renouvelables, le gouvernement mise aussi sur l’installation de 12,6 millions de panneaux solaires supplémentaires sur une période de dix ans, soit deux par habitant.

 

«Des conséquences hallucinantes»

 

La Fédération belge des négociants en combustibles et carburants (Brafco) désapprouve la décision du gouvernement flamand d’interdire la commercialisation de nouvelles chaudières à mazout à partir de 2021. Elle a été prise sans concertation avec le secteur.

«Les conséquences de cette décision irrationnelle sont hallucinantes, tant pour le citoyen et le secteur que l’environnement», affirme Brafco dans un communiqué. Celle-ci conduira à la perte de milliers d’emplois, estime l’organisation.

Brafco conteste l’argument selon lequel l’investissement dans une pompe à chaleur (environ 20.000 euros) est rapidement récupéré «étant donné la flambée du prix de l’électricité en Belgique». Se pose aussi «la question de savoir si - vu le problème récurrent d’un risque de pénurie d’électricité en hiver - la pompe à chaleur fonctionnera lorsqu’on le lui demandera.»

D’après Brafco, des centaines d’entreprises familiales qui livrent du mazout vont devoir mettre la clé sous le paillasson. «Environ 5.000 emplois directs sont menacés. Si l’on tient compte des fournisseurs, il s’agit de plusieurs dizaines de milliers d’emplois», précise-t-elle.

L’organisation, qui défend les entreprises actives dans le commerce et la distribution de combustibles et carburants, pointe encore les efforts du secteur pour réduire l’empreinte écologique du chauffage au mazout. La décision du gouvernement flamand risque de mettre fin aux investissements accomplis pour améliorer la performance des chaudières ou en faveur des systèmes de chauffage hybrides.

En conclusion, Brafco assure qu’elle combattra la décision de l’exécutif du nord du pays «par tous les moyens possibles».