WALLONIE

Fin des sacs jetables en Flandre: «la Flandre rejoint la Wallonie dans son combat»

Fin des sacs jetables en Flandre: «la Flandre rejoint la Wallonie dans son combat»

(Illustration) Reporters / STG

Le ministre wallon de l’Environnement Carlo Di Antonio a accueilli avec enthousiasme, samedi, l’accord sur les emballages intervenu lors de la dernière réunion du gouvernement flamand avant les vacances.

«C’est une excellente nouvelle de constater que la Flandre rejoint aujourd’hui la Wallonie dans son combat en faveur de la propreté publique et de la transition écologique. La Flandre prévoit des mesures similaires à celles déjà imposées en Wallonie depuis plusieurs années ou validées par des textes contraignants», a commenté le ministre wallon.

En Wallonie, l’interdiction des sacs de caisse en plastique léger est entrée en vigueur le 1er décembre 2016. Les sacs en plastique autres que ceux de caisse sont également visés par une interdiction depuis le 1er mars 2017.

Par ailleurs, a rappelé Carlo Di Antonio, le parlement de Wallonie a également adopté mardi, sur sa proposition, un principe général d’interdiction de l’usage d’ustensiles jetables en matière plastique. Cette interdiction vise les ustensiles en plastique essentiellement destinés à l’usage alimentaire tels que les gobelets, les tasses, les assiettes, les couverts ou les pailles, lors d’événements et dans des établissements ouverts au public.

Enfin, en ce qui concerne les canettes abandonnées dans la nature, un projet pilote de prime de retour de 5 centimes par canette rapportée sera mis en œuvre dès la rentrée prochaine en Wallonie. Cela s’inscrit dans la même dynamique que celle récemment envisagée par la ministre bruxelloise de l’Environnement Céline Fremault qui a également pris une mesure d’interdiction relative aux sacs en plastique depuis le 1er décembre 2017.

Le gouvernement flamand s’accorde sur un plan énergie-climat et les déchets d’emballage

Le gouvernement flamand s’est accordé sur d’importants dossiers, dans la nuit de vendredi à samedi, avant la trêve estivale. Au terme d’une réunion marathon d’une vingtaine d’heures, l’équipe de Geert Bourgeois (N-VA) s’est entendue, entre autres, sur le plan régional énergie-climat et le plan «emballages» de la ministre de l’Environnement Joke Schauvliege (CD&V), qui avait suscité un vaste débat au nord du pays.

Ce dernier point ne devait initialement pas figurer à l’agenda, mais la N-VA et l’Open Vld ont insisté pour tout de même l’aborder.

Si tous les partenaires de la majorité flamande (N-VA, Open Vld, CD&V) reconnaissent l’ampleur du problème de la pollution, tous n’étaient pas favorables à l’introduction d’une consigne sur les canettes et bouteilles en plastique. Une mesure encouragée par le CD&V, mais à l’égard de laquelle la N-VA et l’Open Vld se montraient réticents.

Finalement, l’exécutif flamand s’est accordé sur une batterie de mesures telles que l’interdiction des sacs en plastique jetables et des autocollants sur les fruits et légumes - sauf en cas de nécessité absolue - ainsi que sur l’usage obligatoire de gobelets réutilisables lors d’événements. Ces dispositions entreront en vigueur en 2019.

Selon les termes du compromis, les objectifs imposés au secteur seront renforcés. A l’horizon 2022, 90% des emballages pour boissons devront être récoltés et recyclés, et en 2025 95% de tous les emballages alimentaires devront être recyclés.

Baisse drastique de la consommation énergétique

Dans le cas où ces objectifs ne seraient pas atteints, le gouvernement flamand imposera des amendes. Et si ce n’est toujours pas le cas en 2023, le secteur devra lui-même mettre sur pied un système de consigne ou de récompense pour le recyclage.

Fruit d’un accord également, le Plan régional énergie-climat prévoit une série de mesures qui doivent permettre à la Flandre de relever les objectifs climatiques européens fixés à l’horizon 2030. L’exécutif table, pour ce faire, sur une baisse drastique de la consommation énergétique des bâtiments, de l’industrie et du secteur des transports ainsi que sur une hausse de la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique. À cet égard, d’importantes décisions ont été prises, au rang desquelles l’arrêt de la commercialisation de nouvelles chaudières à mazout dès 2021 ou encore la fin du raccordement au gaz naturel des nouveaux lotissements. À compter de cette date, les pompes à chaleur et le raccordement, à des réseaux de récupération de chaleur seront la norme. Jusqu’à la fin 2023 une prime de 400 euros sera accordée pour l’installation d’un boiler de pompe à chaleur.

Pour augmenter la part des énergies renouvelables, le gouvernement mise aussi sur l’installation de 12,6 millions de panneaux solaires supplémentaires sur une période de dix ans, soit deux par habitant.

L’équipe de Geert Bourgeois s’est par ailleurs entendue sur une taxe kilométrique intelligente appliquée aux particuliers. Celle-ci remplacera la taxe de mise en circulation et la redevance annuelle. Son tarif variera en fonction du lieu et de l’heure du déplacement. Les modalités concrètes de son application seront fixées lors de la prochaine législature.

Le ministre-président flamand Geert Bourgerois s’est montré satisfait de cette série d’accords «sur des dossiers déterminants pour la transition vers une Flandre propre, durable et pauvre en carbone», a-t-il affirmé samedi.