PROCHE ORIENT

Cessez-le-feu dans la bande de Gaza: «Chacun doit s’éloigner du précipice»

L’escalade des bombardements a suivi la mort d’un soldat israélien, tué par des tirs palestiniens. On a craint une nouvelle guerre. Mais le cessez-le-feu a calmé le jeu dans la bande de Gaza. AFP

On craint l’escalade dans la bande de Gaza. Après des bombardements massifs en représailles à la mort d’un soldat israélien, le cessez-le-feu semble respecté.

Un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas annoncé par le mouvement islamiste semblait respecté samedi dans la bande de Gaza, au lendemain de bombardements massifs qui ont suivi la mort d’un soldat israélien tué par des tirs de Palestiniens.

Cette escalade de violence a également coûté la vie à quatre Palestiniens.

Aucune attaque aérienne israélienne ou tir de roquette vers le sud d’Israël depuis Gaza n’a été signalé après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu peu après vendredi minuit, a-t-on indiqué de sources israéliennes et palestiniennes.

Les responsables politiques et militaires israéliens ont toutefois refusé samedi de confirmer qu’un cessez-le-feu avait été conclu, tout en affirmant qu’un «calme total» règne depuis des heures sur le terrain.

Spectre d’une nouvelle guerre

Un porte-parole du Hamas a annoncé dans la nuit qu’un accord de cessez-le-feu, éloignant momentanément le spectre d’une nouvelle guerre, avait été trouvé entre Israël et le mouvement islamiste, après une journée où l’armée israélienne a massivement bombardé une soixantaine de cibles dans la bande de Gaza.

«Grâce aux efforts de l’Égypte et de l’ONU, nous sommes parvenus (à un accord) pour revenir à l’état de calme qui précédait, entre l’occupation (israélienne) et les factions palestiniennes», a indiqué Fawzi Barhoum.

Selon le ministère de la Santé à Gaza, deux Palestiniens ont été tués près de Khan Younès, dans le sud de l’enclave, par des frappes israéliennes contre un poste d’observation du Hamas. Un troisième a péri dans un bombardement à Rafah et un quatrième a été tué par des tirs de soldats israéliens près de la zone frontalière à l’est de la ville de Gaza.

L’armée israélienne a annoncé la mort d’un de ses soldats, abattu par des tirs palestiniens le long de la frontière. Il s’agit du premier militaire israélien tué près de Gaza depuis la guerre qui a opposé, en 2014, Israël au Hamas qui contrôle ce territoire palestinien.

Pas de négociation

La semaine dernière, à l’issue d’une importante confrontation entre Israël et le Hamas, le mouvement islamiste avait déjà annoncé un cessez-le-feu conclu avec une médiation égyptienne. Israël s’était également refusé à confirmer l’accord, tout en mettant un terme à ses attaques.

Selon la radio publique israélienne, ce mutisme s’explique par la volonté du gouvernement israélien de ne pas donner l’impression qu’il négocie avec le Hamas, considéré comme une organisation «terroriste», bien que des discussions indirectes aient lieu par l’entremise de l’Égypte et de l’ONU.

Le ministre de la Défense Avigdor Lieberman a indiqué vendredi soir, peu avant l’annonce du cessez-le-feu par le Hamas, s’être entretenu avec l’envoyé spécial de l’ONU pour le Moyen-Orient Nickolay Mladenov.

Ce diplomate avait appelé vendredi Israël et le Hamas à la retenue.

«Chacun dans la bande de Gaza doit s’éloigner du précipice. Pas la semaine prochaine. Pas demain. IMMÉDIATEMENT», a écrit Mladenov sur Twitter.