FRANCOFOLIES DE SPA

On a vu un grand Cabrel en tout petit

Francis Cabrel était très attendu ce vendredi soir aux Francofolies de Spa. Et il fallait arriver tôt pour bien le voir. À 300 mètres de la scène, nous, on l’a vu en tout petit, mais il a été grand.

On les voyait déjà dès la fin de Cats on Trees attendant patiemment devant la grande scène. Bien vu. C’était le seul moyen d’apercevoir le barde Cabrel à bonne distance sans le relais des écrans géants. Après ça, il a fallu jouer avec le relief du terrain, sur la légère montée plutôt que dans le creux de la fin du Parc des Sept heures. Il y a des centaines de rangs devant… et autant derrière. Un site réaménagé en un espace unique, convivial mais beaucoup plus compact et densément garni. Tant pis, on s’est dit qu’on se tiendrait chaud quand le soleil commencerait à décliner. Les yeux sur les écrans.

Cabrel apparaît seul avec sa guitare acoustique, chemise bleu marine impeccable. Il balance Encore et encore, d’emblée. Et la plaine des Francos devient un karaoké dès la première phrase. Impressionnant. Un simple petit hochement de tête et il déclenche une vague d’applaudissements jusqu’au fond. Leila et les chasseurs est moins connue, mais trois choristes, un accordéon et une guitare ça a une classe folle.

Les nouvelles chansons sont moins dans les mémoires, comme In extremis qui donne son nom à la tournée. Mais lui, a l’air vraiment content d’être là. Avec Des hommes pareils, on retrouve le Cabrel conteur qui, avec cette économie de mots sait faire des chansons fortes et intemporelles.

Les oldies qui font chanter

Mais quand même, ce sont les vieux tubes qui font taper dans les mains et chanter les refrains. Sortir les smartphones pour immortaliser le moment aussi, comme la voisine de devant. Arrive une nouvelle version un peu bluesy de Sarbacane. Cabrel se promène avec sa guitare, danse avec ses choristes.

Il propose «une petite parenthèse amoureuse». Et dès les premières notes de Je l’aime à mourir, on se dit qu’on n’avait encore rien vu en matière de karaoké géant. Et il n’y a pas que les anciens qui chantent… intemporel on vous disait. À lui d’applaudir son public. Et ça continue avec C’est écrit. «Elle n’en sort plus de ta mémoire. Ni la nuit ni le jour…»

«On continue? Celle-là, vous ne la connaissez pas». C’est son dernier single Le fils unique. Peut-être pas encore un classique, peut être pas encore bien mémorisé, mais c’est diablement efficace pour faire taper du pied une plaine comme un seul homme.

À l’encre de tes yeux, Nouveau voyage dans le temps nouveau moment karaoké. La fille de devant ressort son smartphone pour filmer.

 

«

«Vous êtes des choristes exceptionnels». Ça, il le répétera plusieurs fois.

»

 

Il enchaîne Cent ans de plus, Rosie, Animal… à Petite Marie elle a rebrandi le téléphone. Elle ne l’a pas rangé pour Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai. Celle-là non plus personne n’en a oublié les paroles. Pas plus que celles de La robe et l’échelle (dans une jolie version flamenco). Pas de flamenco par contre pour Est-ce que ce monde est sérieux. Pas grave, on chante pareil.

21 h 22 salut, lumières éteintes.

Mais on a encore envie de chanter. Il ne se fera pas prier trop longtemps: «On ne peut rien vous refuser», dit-il. On est Samedi soir sur la terre avec un soir d’avance. Et La dame de Haute Savoie est parfaite pour la fête.

Après les dernières notes il restera à la fille de devant de jolis souvenirs avec sans doute aussi un petit bout de la voix du voisin qui chantait un peu faux…