OBOURG

Accident mortel à Obourg: «Le manque de sérieux a tué»

Accident mortel à Obourg: «Le manque de sérieux a tué»

Illustration Photo News

La mort de l’Obourgeois Pierre Darquenne, renversé alors qu’il se rendait sur son lieu de travail à vélo, suscite la colère des cyclistes. Qui dénoncent le manque de sérieux des autorités tant régionales que communales dans la politique de mobilité.

Depuis des années, les associations de cyclistes tentent d’alerter les pouvoirs publics des dangers auxquels les usagers du deux-roues sont exposés en étant contraint de rouler sur des routes non-adaptées et uniquement pensées à l’usage de la voiture.

C’est le cas de la N552, dite route industrielle, où s’est produit l’accident mortel qui a coûté la vie à Pierre Darquenne. Ce commissaire de police faisait tous les jours la route de Obourg à La Louvière, où il travaillait, à vélo.

Une route à trois bandes, sur laquelle certains automobilistes ont tendance à pousser sur le champignon et où les camions sont nombreux.

«Tous ceux qui connaissent la route industrielle entre Obourg et Ville-sur-Haine savent qu’elle est dangereuse, les responsables des routes aussi. Pourtant, c’est le seul moyen de rallier à pied, à vélo ou en chaise roulante ces deux villages de l’entité montoise (qui ne sont pas reliés par des transports en commun)», note le groupe montois des Cyclistes Gonflés à Bloc, qui déplore que «rien n’a été fait pour y sécuriser la circulation des piétons et des cyclistes, alors que la largeur de la voirie le permettrait.»

Un Ravel inaccessible

Le comble, c’est que le Ravel borde cette route, longeant le Canal du Centre: «mais il est impossible d’y accéder depuis le village d’Obourg faute d’un aménagement approprié. Sur plusieurs kilomètres, piétons et cyclistes n’ont pas d’autre choix que la route industrielle: les piétons sur un accotement précaire et les cyclistes sur une chaussée totalement inadaptée à la cohabitation des vélos avec les voitures et les camions.»

Deux semaines auparavant, le groupe des Cyclistes Gonflés interpellait justement le Conseil communal pour dénoncer la politique wallonne du «tout à la voiture» illustrée par les voies à grande vitesse, des autoroutes urbaines, des carrefours dangereux…

«[La Wallonie] a transformé le réseau routier en un véritable coupe-gorge pour cyclistes. […] Les routes régionales jalonnant notre ville sont une parfaite illustration de cette politique. […] Sur la plupart des grands axes de communication, et même sur les voiries rénovées récemment, les cyclistes courent un danger grave, immédiat, évident, un danger de mort.»

Les Cyclistes Gonflés à bloc dénoncent aussi l’inaction de la Ville de Mons, qui «après être restée les bras croisés pendant 18 ans, a désormais pour tactique de réciter à chaque conseil une litanie de promesses et de bonnes intentions. Cependant, aucune d’entre elles n’a encore été concrétisée», estiment-ils.

Mortel amateurisme

Ils poursuivent en pointant le décalage entre les déclarations du Collège communal et son action concrète. «La Ville de Mons dit: “Il faut aussi intégrer dans chaque projet de rénovation de voirie, et quand cela est possible, un aménagement cyclable sécurisé”. Et elle fait exactement le contraire», s’insurgent-ils, prenant l’exemple de quatre chantiers qui viennent d’être validés par le Conseil communal, et pour lesquels la commission vélo ne fut jamais consultée…

Ces contradictions entre le discours et l’action, les Cyclistes Gonflés «préfèrent penser que c’est juste un problème d’amateurisme et de manque de sérieux d’une bande de farceurs. Aujourd’hui, ce manque de sérieux a tué», concluent-ils.